Engie, délégataire du réseau de chaleur bisontin jusqu’en 2037, modèle du genre

Après un an et demi de négociations, le Grand Besançon a retenu son futur délégataire pour gérer son réseau de chaleur urbain. Avec l’agrandissement prévu, ce service public essentiel pourrait devenir un modèle du genre en France.

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L'extension du réseau de chaleur urbain se poursuit par des travaux importants sur l'avenue Clemenceau ©GBM

C’est un peu moins clinquant qu’une Grande bibliothèque (voir pages locales) ou qu’une (probable) future enceinte sportive. Le réseau de chaleur urbain n’en reste pas moins mais essentiel et novateur pour les bisontins. Jeudi 27 juin, les élus de Grand Besançon Métropole votaient le renouvellement de la délégation de ce service public avec un contrat pour la période 2025 – 2037.  Deux candidats étaient en compétition. C’est finalement Engie Solutions qui remporte le marché. « La compétitivité du tarif proposé est très bonne pour nous. Avec des travaux prévus et conséquents, on sera sur un futur prix TTC de 90,04€ le mégawattheure (MWh) contre 87,64 €/MWh aujourd’hui. L’augmentation est relativement contenue. Sans aucun projet, le tarif serait passé à 94,06€/MWh. », souligne Anthony Nappez, conseiller en communautaire chargé des bâtiments. Un tarif deux fois inférieur à un chauffage électrique.

À Planoise, démantèlement et modernisation

Avec ce mandat, Engie assurera d’abord le démantèlement des équipements liés aux énergies fossiles abandonnées sur Planoise (charbon, cuves de stockages de fioul, grande cheminée rue de Dole démontée et remplacée par un édifice plus petit…). Le passage en basse température des équipements de production est également programmé (15 kilomètres sur les 22 existants) tout comme la modernisation du réseau. Sur les trois chaudières biomasses, un nouveau système de récupération de chaleur contenue dans les fumées à l’aide de pompes à chaleur à absorption. « Les émissions de poussières et de souffre seront encore plus basses. L’agglomération réalisera en parallèle la construction d’une nouvelle chaufferie biomasse pour augmenter la production d’énergie renouvelable. », ajoute Anthony Nappez. 

Les premières extensions en fonction dès cet hiver ?

L’agglomération enchaînera ensuite avec l’extension des structures du réseau avec une première tranche de travaux en cours dans la rue Clemenceau et celle du Polygone. 31 sous-stations sont installées sur 7 nouveau kilomètres de réseau. « Il sera progressivement mis en service en 2024 et 2025. Donc dès cet hiver », ajoute le conseiller. À compter de 2025, GBM prévoit l’extension du réseau jusqu’au centre-ville depuis le quartier Grette mais aussi des connexions avec le secteur Bouloie et Mallarmé. On parle ici de cinq kilomètres de réseau supplémentaires quand Engie, poursuivra avec 29 autres kilomètres jusqu’en 2031.

« L’un des réseaux les plus vertueux de France »

Le taux d’énergie renouvelable et récupérée en 2031 serait de 88% contre 70% actuellement. « Un taux supérieur aux engagements fixés. Ce qui ferait de notre réseau l’un des plus vertueux de France, surtout pour un réseau de cette taille. » De 220 abonnés (bailleurs et copropriétés, ndlr) il passera à 480, soit plus de 22 000 logements. Avec 91GWh de chaleur en plus, la production va presque doubler. « Cette fourniture d’énergie sera très largement décarbonée. On sera à terme à 37g de CO2 par kWh, le gaz aujourd’hui c’est 205g. »

M.S