Haut-Doubs. Foot : un sanglier au cœur des derbys sur le Plateau du Russey

Des sangliers entre Noel-Cerneux, la Chenalotte et le Russey il y en a surement beaucoup. Mais celui-là n’intéresse pas les chasseurs, seulement les footballeurs. Une enquête s’imposait.

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Un moment difficile quand il faut laisser partir le sanglier...

« Nous avons toujours eu de bonnes relations avec les clubs voisins » souligne d’emblée Jean Balanche de l’AS Noel-Cerneux-La Chenalotte (ASNCC). « Avec le Russey surtout puisque beaucoup des joueurs de nos deux clubs se connaissent en dehors des terrains ». Une ambiance bon enfant qui peut par exemple donner lieu à des poissons d’avril comme l’annonce d’une fusion entre les deux entités. Ce ne sera pas le cas. Dommage peut-être pour le sanglier qui depuis quelques années est l’objet de toutes les convoitises entre ces voisins qui pourtant évoluent balle au pied et non fusil à l’épaule « Tout a commencé lors d’un match au Russey…pendant la troisième mi-temps. Dans la buvette du FC le Russey, on a remarqué ce trophée représentant un sanglier en se demandant bien ce qu’il pouvait faire là d’ailleurs. Comme nous avions gagné le match, nous sommes repartis avec ! ». Du côté du Russey, Esteban Guillaume confirme l’histoire mais…  « On pourrait presque parler de kidnapping à l’origine ! Donc depuis, on n’avait qu’une envie, c’est de ramener le sanglier à la maison ! ». On comprend vite que les matchs entre les équipes seniors ont maintenant une toute autre saveur, bien au-delà du résultat sportif. Question de fierté, de suprématie locale. Une règle tacite a même été établie suite à un enlèvement volontaire ou non de la bête un jour de match sans vainqueur : « En cas de match nul, celui qui l’a à la maison le garde. Il faut gagner pour l’emmener » confirment les deux représentants. Et justement, alors qu’il était revenu au Russey, une victoire de l’ASNCC a de nouveau arraché l’animal de sa tanière. Dur à avaler pour les premiers propriétaires. Heureusement, l’après-match a permis de se consoler tous ensemble, dans la bonne humeur, mais avec déjà en tête la prochaine rencontre. « On se revoir au printemps ». A moins que d’ici là…