
Vous allez passer deux jours dans le Doubs, avec deux concerts très différents. Quel rapport entretenez-vous avec le territoire ?
Émilie Satt : Je suis née à Dijon et mon père est né à Besançon, donc on a forcément des attaches dans le coin. Mon arrière-grand-mère vivait à Dole, dans le Jura, et avait une maison de vacances à Saint-Maurice-Crillat que nous avons récupérée. On vient très souvent dans la région, on s’y est même mariés.
Vous allez retrouver le public doubien les 6 et 7 novembre à Besançon et à Morteau. Après plus de dix ans de carrière, qu’allez-vous proposer au spectateur ?
Émilie Satt : Ce qu’on propose aujourd’hui, c’est au-delà d’un concert. C’est vraiment passer un moment ensemble. Après dix ans de carrière, on aime revisiter nos chansons dans leur plus simple appareil, revenir à leur essence. Dans cette configuration acoustique, simplement tous les deux en guitare-voix, on se sent vraiment connectés avec le public parce qu’on enlève des barrières entre nous.
Jean-Karl Lucas : On aime jouer dans ces petites salles, comme ce sera le cas à Morteau. On est dans une vraie intimité avec le public. C’est aussi pour cela qu’on envisage nos titres en acoustique, pour aller au bout de cette expérience. Il nous arrive très souvent, à la fin du concert, d’aller dans un bar ou un bistrot à côté et de proposer au public de nous rejoindre pour poursuivre la soirée et discuter.
Votre musique aborde régulièrement des sujets de société. Est-ce une volonté de faire passer des messages ?
Émilie Satt : L’écriture d’une chanson part très rarement de la volonté d’aborder un sujet ou une cause. Dès que l’on est touchés ou émus par quelque chose, notre moyen de transformer cette émotion, c’est d’en faire une chanson. On essaye de faire ressentir aux gens l’émotion telle qu’on l’a perçue. On n’est pas tellement des artistes politiques. Dans Mercy, qui raconte l’histoire d’une petite fille née sur un bateau de migrants en Méditerranée, comme dans 22.11.2013, qui raconte l’histoire d’un couple âgé qui ne supporte pas de vivre l’un sans l’autre et décide de mettre fin à ses jours ensemble, on met plutôt un éclairage sur quelque chose qui nous a touchés, avec des sujets de société et du storytelling
Huit ans après l’Eurovision et Mercy, quel regard portez-vous sur cette chanson ?
Jean-Karl Lucas : C’est une chanson qui a changé nos vies à tous les deux. Elle est collée à nous, on nous en parle régulièrement, mais elle nous a aussi complètement dépassés. Elle est étudiée dans des écoles en France et à l’étranger et continue d’accompagner la vie des gens. C’est toujours une fierté et on a encore beaucoup d’émotion à la chanter sur scène.
Vous préparez un nouvel album. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Jean-Karl Lucas : Très honnêtement, on ne sait pas encore vraiment quelle forme aura cet album, on est encore en réflexion. Mais oui, il y aura un nouvel album l’année prochaine. On prend aussi le temps de faire d’autres choses. On a lancé notre label et on produit notamment un artiste, Antoine Roland, qui participe cette année à La France a un incroyable talent. À ce moment de notre carrière, on a envie de diversifier ce que l’on fait et de transmettre.
Vous travaillez ensemble depuis plus de dix ans, en étant à la fois partenaires artistiques et en couple. Comment continuez-vous à faire évoluer cette relation ?
Jean-Karl Lucas : La musique a toujours été le ciment de notre relation. On a d’abord fait de la musique ensemble avant de tomber amoureux. C’est évidemment un défi au quotidien de passer autant de temps ensemble, de travailler ensemble et d’élever un enfant ensemble. Mais c’est surtout merveilleux, parce qu’on vit des choses fantastiques et on partage notre passion. L’Eurovision, par exemple, c’était incroyable de vivre ça à deux.
Émilie Satt : Être artiste va de pair avec une très grande solitude, surtout à l’époque dans laquelle on vit. Le fait d’être à deux est donc une grande force. Ça permet d’avoir une épaule, une oreille attentive au quotidien.



























