Besançon. « L’évitation », un court-métrage d’animation local qui explore les relations humaines

Artiste-réalisateur bisontin depuis près de 10 ans, Jean-Louis Pêcheur dit Shawy s'est lancé dans un nouveau défi : créer de A à Z son propre court-métrage d'animation, "L'évitation" qui explore avec légèreté les paradoxes de la cohabitation humaine. Après plus d’un an de travail, le projet devrait voir le jour au début de l’année 2027.

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L'artiste bisontin Shawy en pleine confection d'un des personnages de son court-métrage c PG

Plus d’un an de travail pour huit minutes de film. C’est le défi que s’est lancé le bisontin Jean-Louis Pêcheur, plus connu sous le nom de Shawy avec « L’évitation », son premier court-métrage d’animation entièrement imaginé et réalisé en autoproduction. À travers la vie de sept marionnettes, un personnage fantôme en pixel-art et des décors maisons conçus à partir d’objets de récupération, l’artiste explore les relations de voisinage et les paradoxes d’une société de plus en plus individualiste. Un projet ambitieux mélangeant les techniques de stop-motion, de dessin animé et de pixel-art, qui doit aussi lui permettre de se faire une place dans le monde particulièrement exigeant du cinéma d’animation.

Un premier court-métrage en indépendant

Avec « L’évitation », le Bisontin Shawy franchit une nouvelle étape dans son parcours artistique. Pour la première fois, il porte seul un projet de court-métrage d’animation, de sa conception à sa réalisation. « Je n’ai pas de producteur pour ce projet », explique-t-il. Car Jean-Louis Pêcheur n’en est pas à ses débuts dans l’animation. Depuis plus de dix ans, il réalise des courts-métrages et des clips, le plus souvent dans le cadre de commandes ou d’appels à projets lancés par des collectivités locales. Ces réalisations lui ont déjà permis de se faire remarquer à plusieurs reprises dans des festivals consacrés au cinéma d’animation. Cette fois-ci, l’artiste s’est donc lancé dans une autoproduction qui représente un investissement personnel considérable et un pari artistique. Écriture, création des maquettes, fabrication des personnages et des décors, animation et montage : l’artiste a assuré lui même toute les étapes. « J’ai tout imaginé de A à Z, de l’écriture à la réalisation des maquettes, des animations, du décor et du montage. Il n’y a que la musique et la couture que j’ai déléguées ».

Une production 100% artisanale

© PG

Le court métrage met en scène sept personnages, tous différents par leur taille et les matériaux qui les composent. Leur fabrication a demandé plusieurs semaines de travail : « J’ai passé à peu près deux à trois semaines par personnage. Il y en a qui sont en résine, d’autres en bois, ou en latex. Ces différences de matières me permettent d’appuyer sur la singularité de chacun ». Les décors, eux aussi, sont fabriqués à la main à partir d’objets de récupération, parfois détournés de leur usage initial. Un travail minutieux au service d’une technique exigeante : le stop motion, qui consiste à animer des objets ou des personnages en volume image par image. « En tout, il y a huit plateaux différents dans le projet. Il a donc fallu les construire un par un. Cela va d’un hall d’immeuble à des pièces d’appartements jusqu’à un parc. »

Un miroir sur l’individualisme et l’isolement 

Derrière cette réalisation artisanale, une réflexion profonde sur les relations humaines proposée par l’artiste. L’histoire se déroule dans un immeuble où des voisins partagent des fragments de vie quotidienne, au fil de petites scènes qui font émerger les tensions et les liens propres à la vie en communauté. Une inspiration directement puisée dans le vécu de l’artiste. « On a tous déjà eu des expériences compliquées avec le voisinage », sourit-il. À travers ces scènes de la vie ordinaire, Shawy souhaite mettre en lumière des phénomènes sociaux comme l’isolement et l’individualisme. « Je souhaite montrer à travers une multitude de saynètes que l’on est tous reliés, qu’on le veuille ou non, et que chaque action réalisée a un impact sur les autres ». En mettant en scène des personnages aux profils variés, l’artiste entend souligner la richesse des différences et rappeler combien les comportements individuels peuvent avoir des conséquences sur les autres. Un propos qui s’adresse avant tout aux adolescents et aux adultes.

Une premier « film vitrine » pour le Bisontin 

© PG

Le monde du court-métrage est particulièrement sélectif et précaire pour les artistes émergents. « L’objectif avec ce projet est de pouvoir entrer en compétition dans des festivals reconnus comme Annecy ou Clermont-Ferrand. » Un projet vitrine pour montrer aux potentiels producteurs son univers et son savoir-faire.

Un soutien de la Ville et un financement participatif

Pour mener à bien son projet, l’artiste a bénéficié du soutien de la Ville de Besançon, dans le cadre du dispositif Émergence destiné aux artistes locaux. Un atelier situé dans les locaux du 52 rue Battant chez Culture Action lui est également loué à un prix avantageux. Des aides qui contribuent à la réalisation du film, sans toutefois lui permettre de se rémunérer pendant toute la durée du projet. C’est dans cette optique qu’une cagnotte Ulule a été créée par l’artiste pour permettre aux personnes qui souhaitent soutenir son projet de l’aider. A la clé pour les donateurs, des contreparties exclusives issues du court-métrage et fabriquées par l’artiste.