Municipales 2026. 200 idées insoumises pour  » faire mieux  » à Besançon

La France insoumise a dévoilé son programme fin janvier. Plus de 200 propositions pour « construire la ville de demain » et un programme budgétisé. La liste Faire mieux pour Besançon souhaite davantage de démocratie locale et répondre rapidement aux « besoins fondamentaux », en respectant la « bifurcation écologique » et les « droits humains ».

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Hélène Magnin-Feysot, militante et attachée territoriale, Martin Mellion, co-chef de file, Séverine Véziès, tête de liste, Étienne Bertoneche, directeur de l'EREA Simone Veil et Magalie Suter citoyenne et ex-économiste de construction
(De g. à d.) Hélène Magnin-Feysot, militante et attachée territoriale, Martin Mellion, co-chef de file, Séverine Véziès, tête de liste, Étienne Bertoneche, directeur de l'EREA Simone Veil et Magalie Suter citoyenne et ex-économiste de construction.

Un programme chiffré. Dans cette campagne municipale bisontine, cela est trop rare pour ne pas le souligner. La liste insoumise Faire mieux pour Besançon, portée par Séverine Véziès, est à notre connaissance la première à le faire, au travers d’un programme minutieusement détaillé et d’un amas d’informations disponibles sur le site internet fairemieuxbesancon.fr.

Plus de 200 mesures sont annoncées, réparties entre quatre piliers : Démocratie, Besoins, Transition écologique et Droits humains. À cela s’ajoutent quatre alter-projets, que les insoumis jugent « particulièrement structurants » pour la ville. Parmi eux, la « Citadelle de l’Utopie » prévoit de fermer le zoo pour le transformer en sanctuaire pour la faune menacée. L’accès serait totalement gratuit et les autres parcelles du site Vauban permettraient par exemple d’accueillir un Parc des Sciences, de la nature et des Arts Numériques. « Les investissements nécessaires pour mener à bien ce programme sont évalués à 78 millions d’euros pour un mandat de sept ans. Ça rentre totalement dans le budget bisontin, qui a une capacité d’autofinancement nette de 15 millions d’euros par an en moyenne », explique Séverine Véziès.

Une gratuité des transports en commun qui va encore plus loin

Il y aurait « plus de choix budgétaires » à faire sur la partie fonctionnement, avec un programme qui prévoit près de 17 millions d’euros supplémentaires à terme. « Ça reste absorbable », tempère la candidate, qui assume des coûts conséquents de certaines mesures, comme la gratuité des transports en commun, « d’abord pour les moins de 25 ans, les personnes privées d’emploi ou à faibles revenus ». Un projet qui va encore plus loin que le vote de Grand Besançon Métropole en juillet dernier, avec les mêmes conséquences fiscales. « C’est la mesure la plus coûteuse et elle nécessitera une modification du Versement mobilité. On l’a toujours assumé », poursuit l’insoumise, qui compte également faire des économies avec d’autres choix, comme « une cantine scolaire partiellement végétarienne chaque semaine, ce qui réduit la facture ». Ce programme bisontin tire son origine de la « boîte à outils » des insoumis, disponible depuis plusieurs mois, voire années, au niveau national, et sur laquelle de nombreuses listes municipales s’inspirent. « Il y a une cohérence nationale, car le projet de société derrière est national dans le cadre de L’Avenir en commun », insiste Séverine Véziès.

Un RIC mais pourquoi faire ?

Ce n’est donc pas un hasard de voir des mesures similaires entre les insoumis bisontins et La Gauche pontissalienne, portée par une tête de liste LFI. Dans la cité comtoise comme à Pontarlier, les candidats proposent par exemple un « mandat révocable », permettant aux habitants de provoquer un référendum pour renvoyer un élu. Les insoumis prônent plus de démocratie, quitte aussi à être pris à leur propre jeu. La première mesure du programme bisontin concerne le très attendu et débattu référendum d’initiative citoyenne (RIC). LFI « promet » qu’en cas de pétition signée par 10 % des habitants, un référendum serait organisé et le résultat « respecté ». Ce qui signifie que certaines lignes rouges insoumises, comme l’armement des policiers municipaux, une idée partagée par une partie de la gauche et surtout la totalité du centre et de la droite bisontine, pourraient donc être instaurées grâce à ce système. Prise au mot, la candidate assume. « Je n’ai pas peur de la démocratie et je sais qu’avec notre équipe, si nous sommes élus, nous saurons convaincre qu’une idée est mauvaise pour remporter chaque référendum. Quand on rencontre les gens, on ne nous parle pas de ces idées farfelues ».

Quand le communard Courbet inspire LFI

Ce « communalisme » version LFI est lui-même inspiré des communards de 1871, dont un certain Gustave Courbet fut une figure de proue. Critiqués pour leur violence puis réprimés dans le sang, les communards seront amnistiés dix ans plus tard. Le mouvement, aujourd’hui considéré par de nombreux historiens français comme en avance sur son temps, a toutefois laissé un héritage social et idéologique important, plus que progressiste pour l’époque. Pour ces élections municipales de 2026, Séverine Véziès ne voit pas autre chose. « Dans une commune, on peut être audacieux, innovant et construire des acquis qui figureront plus tard au niveau national. Besançon en est le parfait exemple avec le RMI ».

À noter : La France insoumise organise un grand meeting à Besançon lundi 23 février avec la participation des députées Mathilde Panot et Clémence Guetté. Le rendez-vous est à 19h au Grand Kursaal de Besançon.

M.S.