Pourquoi faire le choix d’un discours « positif » au regard d’une actualité locale qui ne l’a pas toujours été ?
Plusieurs indicateurs montrent que le territoire est dynamique, il y a donc plusieurs raisons d’être positif. On s’attendait à une année 2025 très difficile sur le plan économique ; globalement, ça se tient, avec certains secteurs qui résistent mieux que d’autres. Il n’y a pas de plans de licenciements massifs dans l’industrie, par exemple… Je crois qu’il faut parfois arrêter de voir le verre à moitié vide, c’était la conclusion de mon discours. Le contexte mondial est évidemment inquiétant, déprimant même… mais la situation locale est bonne, on s’en sort bien et il faut en être fier, croyons en nos forces.
C’était en quelque sorte un message d’espoir malgré l’actualité internationale et ses conséquences directes ou indirectes ?
Quelle génération n’a pas eu à faire face à des difficultés et à des défis à relever ? Je n’emploierai pas le mot « espoir », car pour moi il y a quelque chose de passif. Ce n’est pas de l’espoir, mais de la combativité qu’il nous faut. De l’envie et de la conviction pour continuer à porter les richesses de notre territoire.
On voit par exemple que le Nord Franche-Comté a placé de grands espoirs dans l’hydrogène pour en faire un moteur économique d’avenir, alors qu’aujourd’hui cet espoir s’amenuise peu à peu avec des décisions importantes comme celle de Stellantis.
L’hydrogène reste un secteur d’innovation, avec du potentiel. Il faut aussi accepter l’idée que nous n’avons pas encore toutes les réponses ni toutes les solutions en un claquement de doigts. Beaucoup d’entreprises expérimentent, innovent et recherchent leur marché. Cela ne s’est pas encore concrétisé, mais il ne faut pas baisser les bras, au contraire. Il peut y avoir quelques exemples de surinvestissements et une forme d’emballement, mais l’hydrogène conserve un pôle d’excellence basé dans le Nord Franche-Comté.
La signature de l’arrêté interdisant les poids lourds en transit le long de la RN83 a eu des effets immédiats et bénéfiques pour une majorité d’habitants. Est-ce votre plus belle satisfaction en 2025 ?
C’est un bel exemple, car il redonne du sens à la politique selon moi. Les travaux menés pendant 18 mois, en associant tous les acteurs, montrent que lorsqu’on travaille, que l’on s’écoute, on parvient à changer les choses et la vie d’un certain nombre d’habitants du département.
De cet arrêté et des premières satisfactions est aussi née une rumeur souhaitant remettre en cause la fin du contournement de Besançon et le projet de 2×2 voies entre Beure, Micropolis et le rond-point de l’Amitié… Ce projet peut-il être remis en cause par ce changement ?
Cela ne remet pas en cause les investissements déjà engagés sur la première partie entre l’Amitié et Micropolis. Les financements sont arrivés, les travaux vont débuter rapidement et il y a un besoin d’infrastructures routières à la hauteur de la circulation dans l’agglomération de Besançon. Le trafic poids lourds sur cette portion était de toute façon une anomalie : on n’a jamais compris pourquoi les poids lourds en transit venaient se « tanker » dans les bouchons bisontins alors que leur trajet s’effectuait sur plusieurs pays d’Europe. Il reste toujours des bouchons et des enjeux ; on n’investit pas 100 millions d’euros uniquement pour répondre aux problèmes de 2026. On espère que le développement économique du territoire à l’horizon 2050 pourra se poursuivre grâce à de telles infrastructures.
Votre discours lors de vos vœux a aussi évoqué le « réseau Maison France Santé ». Qu’en est-il ?
L’accès à la santé pour tous, contrairement à une idée reçue, ne concerne pas uniquement la ruralité. Sur l’agglomération de Montbéliard, par exemple, il existe des enjeux importants. Les Français considèrent cet accès aux soins comme un service public, même si, en pratique, l’essentiel du monde de la santé s’organise autour de professions libérales, donc libres de leur installation. Dans le Doubs, nous n’avons pas de zones de pénurie, fort heureusement, mais il existe des tensions, notamment sur certaines spécialités. En parallèle de ce constat, nous avons également observé un succès important des Maisons France Services sur le territoire. Je le répète, ces maisons ont apporté un panel de services publics dans les communes qui n’avait jamais été connu auparavant. Pour accéder à l’URSSAF ou à la CPAM, il fallait encore se déplacer à la préfecture il n’y a pas si longtemps. C’est un succès, et sur ce modèle, l’État souhaite labelliser les maisons de santé sur le territoire afin de donner de la visibilité aux services qu’elles proposent. Au-delà d’un logo commun et d’un label, ce réseau permet surtout de débloquer des crédits publics pour développer l’offre de soins et les projets de santé qui en ont besoin. On parle de 50 000 € en moyenne par structure, ce qui contribue au maillage du territoire. Douze structures ont été labellisées en 2025 et de nouveaux dossiers sont arrivés pour 2026.
Vous avez évoqué les élections municipales de 2026 dans votre discours de vœux avant de conclure par ces mots : « je formule le vœu que […] notre passion batailleuse pour la politique se tempère d’un peu de modération… ». Vous trouvez la campagne municipale trop tendue ?
Non, je pensais plutôt aux débats parlementaires et budgétaires, qui ont un impact très concret sur nos politiques publiques. Cette ambiance est problématique. Au niveau municipal, je n’ai pas à distribuer de bons ou de mauvais points, simplement à faire respecter les règles.
Les opposants aux maires sortants ont tendance à faire campagne en caricaturant parfois de manière excessive, insinuant que « tout irait mal »… Ce n’est pas frustrant ?
La vie politique peut difficilement se faire uniquement sur ce qui va bien, mais je n’ai pas connaissance de candidats qui mettraient directement en cause l’implication de l’État.
L’année 2026 sera-t-elle celle du commissariat à Planoise ?
Non (marque un temps d’arrêt). Le projet est identifié et prêt grâce aux études, et il est inscrit dans la liste des projets à financer par le ministère de l’Intérieur. Je n’ai aucun doute sur le fait que nous obtiendrons des crédits un jour, mais je n’ai aucune certitude sur la programmation budgétaire.
L’année 2026 sera-t-elle celle de la fin de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ?
Normalement, le virus ne circule plus dans le Doubs. Les mesures ont été assouplies et nous avons toutes les raisons de croire que c’est effectivement la fin. La levée des zones vaccinales est une décision nationale ; elle interviendra au plus tôt quinze mois après les dernières vaccinations. Nous sommes conditionnés à ce qu’il se passe dans les Pyrénées.
L’année 2026 sera-t-elle votre dernière année dans le Doubs ?
(Rires) La décision appartient au Président de la République ! Pour l’instant, je suis très bien dans le Doubs.































