
Il aura fallu tenir jusqu’au bout de 53 heures d’effort, de vendredi 3 octobre 20 h jusqu’au lundi à 1 h. À Saint-Nicolas-de-Port, en Lorraine, le cycliste Damien Vuillier a décroché le titre de champion de France de Last Man Riding. Le principe de cette discipline est simple : les coureurs doivent boucler un circuit de 23 km en moins d’une heure, puis repartir pour un nouveau tour au début de l’heure suivante. La course se poursuit jusqu’à ce qu’un seul participant parvienne à terminer la boucle dans le temps imparti. Le Doubien a bouclé 53 tours, soit environ 1 215 km et 15 000 m de dénivelé positif. Il efface ainsi son propre record de France, établi à 41 boucles lors du Last Man Riding de La Rosière en 2025.
Un spécialiste des courses extrêmes
Natif de Besançon et installé à Cuse-et-Adrisans, Damien Vuillier pratique le cyclisme en compétition depuis l’âge de 16 ans. Pendant près de 30 ans, il évolue dans le cyclisme traditionnel, jusqu’à courir près d’une décennie en catégorie Élite, le plus haut niveau amateur. C’est autour de ses 40 ans qu’il se tourne vers l’ultra-cyclisme. « Je me suis rendu compte que j’avais des aptitudes sur les épreuves plus longues et j’ai tout de suite eu de très bons résultats », raconte-t-il. Depuis, les succès se sont enchaînés : quatre victoires en Last Man Riding, mais aussi des performances sur les courses d’ultra-distance, avec notamment la Race Across Paris en 2024 et la Race Across Benelux en 2026.
Deuxième des premiers championnats de France Last Man Riding en 2025, il a abordé cette nouvelle édition avec ambition : « Je ne m’étais pas forcément préparé au mieux l’an dernier. Alors, cette année, j’ai essayé de capitaliser beaucoup de sommeil avant l’épreuve et je me suis entraîné très sérieusement ». Dans une course qui s’étire sur plusieurs nuits, chaque pause compte. Le cycliste tente de dormir entre huit et dix minutes par heure. Mais si le corps doit tenir, la bataille se joue aussi dans la tête. « Il y a tout un enjeu stratégique. Je suis un peu l’homme à abattre sur ce genre d’événement, alors il faut savoir décourager l’adversaire. Il y a toute une partie de théâtre où il ne faut pas montrer ses faiblesses, son niveau de fatigue ».

Un défi physique et mental hors norme
Créé en France en 2021, le Last Man Riding appartient à la famille des épreuves d’ultra-endurance. Ici, contrairement à une course classique où l’objectif est de franchir la ligne d’arrivée le plus vite possible, les cyclistes doivent repartir à intervalles réguliers. La victoire revient à celui qui tient le plus longtemps, en respectant le temps imparti pour chaque boucle.
« Ce qui m’attire, c’est vraiment de pouvoir tester mes limites et de voir jusqu’où je suis capable d’aller. Je reste un vrai compétiteur, j’aime toujours autant la performance. Mais c’est aussi beaucoup de liens d’amitié créés avec les autres coureurs, parce qu’on reste une petite communauté ». La discipline ne séduit pas uniquement les cyclistes les plus aguerris : « Aujourd’hui, on retrouve tous types de personnes qui viennent se challenger sur ce genre d’épreuves, juste pour voir jusqu’où ils sont capables d’aller », observe Damien Vuillier. Licencié à la Roue d’Or de Noidans, à Noidans-lès-Vesoul, où il occupe également le poste de vice-président, Damien Vuillier veut poursuivre sur sa lancée : « Je serai au départ des prochains championnats de France pour défendre mon maillot ! »



























