Besançon. Le hockey sur glace porté par l’élan des Jeux Olympiques 2026  

À Besançon, le Besançon Doubs Hockey Club espère profiter de l’élan des JO 2026 pour attirer de nouveaux licenciés et développer la pratique.

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match de Hockey
© Besançon Doubs Hockey Club

Alors que le hockey sur glace français vit un moment historique aux Jeux olympiques d’hiver 2026 à Milan avec la première participation de l’équipe féminine, la discipline espère franchir un cap en visibilité. À Besançon, la folie des Jeux résonne tout particulièrement chez Bénédicte Leclerc, présidente du Besançon Doubs Hockey Club (BDHC) depuis 2003. La maman de Sophie Leclerc, l’une des deux bisontines et internationales françaises engagées dans l’aventure olympique, a vécu l’instant sur place, accompagnée de proches et amis (lire l’encadré).

Des plus jeunes aux adultes

À Besançon, le BDHC compte 170 licenciés, de 3 à plus de 50 ans. « Les seuls salariés du club sont l’entraîneur principal et deux jeunes en CQP (certificat de qualification professionnelle), sinon ce sont uniquement des bénévoles », précise la présidente. Le club parvient à proposer au moins une formation par catégorie jusqu’aux U20, ainsi que deux équipes seniors. L’équipe première, évoluant en Division 3, est la vitrine du club : « c’est important pour les jeunes qu’ils puissent s’identifier à des joueurs et avoir envie de faire la même chose. » Actuellement 8e au classement, les Bisontins visent les play-offs en mars prochain, « et pourquoi pas viser le carré final ! », poursuit Bénédicte Leclerc tout en restant réaliste. « Monter en D2, ça se prépare, il faut un budget que nous n’avons pas malheureusement. »

Les JO pour booster la pratique féminine

L’équipe féminine de Besançon a également vécu son heure de gloire en 2018, en devenant championne de France pour la première fois. Un succès qui n’a pas connu de suite, faute d’effectif suffisant. « L’équipe s’est dissoute en 2019. Certaines joueuses ont dû partir pour leurs études et nous n’étions plus assez », raconte Bénédicte Leclerc. Pour favoriser la pratique féminine, les équipes jeunes (jusqu’à 14 ans) sont mixtes et la progression se confirme au niveau national. « Aujourd’hui, il y a huit équipes professionnelles féminines, ça a doublé en un peu plus de dix ans. Mais nous sommes encore loin des grandes nations du hockey. En équipe de France, seulement trois joueuses sont professionnelles et gagnent leur vie. Ce qui n’est pas le cas du Canada, de la Suisse ou de l’Allemagne où elles jouent dans des ligues professionnelles ».

La séquence olympique pourrait marquer un tournant pour la discipline. À Besançon comme ailleurs, cette exposition médiatique ouvre des perspectives : « en termes de subventions dont nous avons vraiment besoin mais surtout cela peut attirer davantage de jeunes et inspirer, je l’espère, les petites filles », souligne la maman de Sophie Leclerc, comptant aujourd’hui plus de 120 sélections nationales et qui a débuté le hockey à 4 ans au sein du Besançon Doubs Hockey Club.

Seulement trois patinoires dans la région 

Si cet engouement autour du hockey sur glace gagne du terrain à l’échelle nationale, la Fédération annonçait un record avec 25 324 licenciés en mai 2024, la présidente bisontine préfère nuancer l’impact réel. « J’ai l’impression que les enfants sont moins constants dans leur sport, ils essaient plusieurs sports et ne restent pas forcément. » Le principal frein reste le manque d’infrastructures. En Bourgogne Franche-Comté, seules trois villes disposent d’une patinoire : Belfort, Besançon et Dijon. « Sinon il n’y a pas de club. À Pontarlier, Dole ou Lons-le-Saunier, ce serait formidable, mais il n’y a pas d’équipement », précise la présidente du BDHC.

Sophie Leclerc, soutenue par ses parents à Milan

Les supporters de l’équipe de France brandissent le portrait de l’athlète Bisontine Lucie Quarto, autre internationale française originaire de Besançon / ©CNOSF/KMSP
Bénédicte et Florent sont arrivés à Milan vendredi pour voir leur fille Sophie Leclerc, 28 ans, fouler pour la première fois une patinoire olympique. « Voir ma fille réaliser le rêve d’enfant de toute sportive… C’était extraordinaire ! » Malgré l’élimination dès les phases de poule, elle est fière de sa fille et de l’équipe : « Mis à part le premier match contre l’Italie, elles ont progressé à chaque rencontre. Contre l’Allemagne, elles ont livré un super match. »