Édito. Les stories de la peur chez les influenceurs

Les stories de la peur chez les influenceurs mettent en lumière la détresse inattendue causée par la guerre au Moyen-Orient.

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C’est l’une des conséquences inattendues de la guerre entre la coalition israélo-américaine et l’Iran : la détresse des influenceurs français installés au Moyen-Orient. À la recherche d’un exil fiscal pour s’émanciper du système de solidarité français tout en faisant prospérer un ou plusieurs business plus ou moins douteux à coups de stories, plusieurs « stars » des réseaux sociaux ont soudainement retrouvé l’amour de la patrie après le début de la guerre. Alors non, l’armée française ne s’est pas dotée de nouvelles recrues en provenance de Dubaï ou d’Abu Dhabi.

À coups de témoignages autocentrés, entre une explosion proche et la promotion d’une crème hydratante ou d’une formation, la création de contenu n’ayant pas de limites même en temps de guerre, les saltimbanques des temps modernes ont multiplié les appels à l’aide sur leurs différentes plateformes. Confinés dans leurs villas, la compassion a, semble-t-il, eu du mal à prendre chez leurs abonnés. Difficile, pour autant, de sourire en évoquant cette situation dramatique. Car leur angoisse est la même que chez les 400 000 Français présents dans la région.

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Touristes, médecins, enseignants et travailleurs, le véritable soft power français en somme, se retrouvent aussi coincés au cœur de la guerre, suspendus aux consignes des ambassades françaises. On peut toutefois espérer que cet épisode difficile provoque une prise de conscience globale chez les exilés fiscaux français. Comme le fait de se souvenir que le système auquel ils cherchent tant à échapper par cupidité permet aussi d’assurer, entre autres, la sécurité et la souveraineté d’un pays dans le fonctionnement mondial actuel.