Pouilley-Français. La famille Lhomme accueille progressivement de nouvelles montbéliardes

À Pouilley-Français, une étape décisive vient d’être franchie par la famille Lhomme. Plusieurs mois après avoir été l'unique exploitation touchée par la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC), provoquant la mise à mort de 83 bovins, l’arrivée de nouveaux animaux symbolise un renouveau attendu avec impatience. Un moment chargé d’émotion, qui marque le début d’une reconstruction progressive pour les éleveurs.

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Les vingt nouvelles génisses de Céline et Cédric Lhomme semblent s'être bien acclimatées à leur nouvelle habitation.

Si le traumatisme de la dermatose nodulaire contagieuse est toujours présent dans l’esprit de Cédric Lhomme, l’unique éleveur du Doubs touché par la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC), l’éleveur a choisi d’aller de l’avant après avoir perdu 83 bovins début décembre.

Quatre mois plus tard, la levée progressive des restrictions sanitaires lui a enfin permis d’envisager l’avenir autrement. Pour lui comme pour l’ensemble de la famille Lhomme, relancer l’activité était essentiel, autant sur le plan économique qu’au niveau psychologique.

Vingt génisses vaccinées originaires de Franche-Comté

Art & Fermetures

Dès que les conditions l’ont permis, Cédric Lhomme s’est lancé dans une recherche minutieuse afin de reconstituer son cheptel. L’objectif était clair : trouver des animaux en parfaite santé, issus de zones indemnes ou protégées contre la dermatose.

Accompagné d’un négociant en bétail, il a prospecté dans plusieurs secteurs du Doubs et des environs. L’éleveur a tenu à vérifier lui-même l’état et le comportement des bêtes avant leur acquisition, privilégiant des génisses déjà bien adaptées à leur environnement.

En milieu d’après-midi ce mercredi 18 mars, 20 génisses en provenance des environs, notamment de Levier et Ornans, ont fait leur entrée dans la ferme assainie et dans le cœur de la famille Lhomme. Famille, amis et soutiens professionnels étaient présents pour accueillir les animaux.

« Ces nouvelles arrivantes ne remplaceront jamais les anciennes vaches, mais elles incarnent une étape essentielle pour aller de l’avant « , souligne Céline Lhomme, l’épouse de l’éleveur. À peine les portes ouvertes, les génisses ont rapidement pris possession des lieux, découvrant leur nouvel espace paillé et le fourrage préparé à leur intention. Leur adaptation rapide a été un premier signe encourageant pour l’éleveur.

Ces génisses, âgées d’un à deux ans, ne produiront pas immédiatement de lait. Certaines sont gestantes, ce qui permettra à terme de reconstituer progressivement le troupeau.

Dans un premier temps, elles resteront en stabulation pendant quelques jours afin de s’habituer à leur nouvel environnement. Si les conditions météorologiques et sanitaires le permettent, elles seront conduites en pâture à proximité de l’exploitation. Une visite vétérinaire est prévue afin de s’assurer de la conformité des bêtes avant cette sortie.

De son côté, Cédric Lhomme doit également se réadapter. Après quatre mois sans activité, il doit remettre en état son matériel, notamment les installations de traite, restées inutilisées depuis décembre.

Une reconstruction progressive grâce au soutien du public

Le repeuplement de la ferme ne se fera pas en une seule étape. L’éleveur prévoit déjà l’arrivée prochaine d’une trentaine de vaches laitières prêtes à produire.

Cet investissement sera rendu possible grâce aux indemnisations versées par l’État, destinées à compenser à la fois la perte du troupeau et le manque à gagner des derniers mois.

Au total, près de 193 000 euros ont déjà été attribués pour couvrir une partie des pertes subies. Ces aides permettent aujourd’hui d’envisager l’avenir avec un peu plus de sérénité, même si la reconstruction demandera du temps.

Au-delà de l’aspect économique, c’est toute une vie qu’il s’agit de rebâtir. La relation avec les animaux, le rythme de travail, l’équilibre familial… Malgré les incertitudes et la peur de voir la DNC frapper à nouveau avec l’arrivée des beaux jours, le Gaec de la famille Lhomme est bel et bien reparti.