Besançon : quand l’indie rock s’embrase avec Blue Salt

À 19 ans, trois étudiants du Doubs ont créé depuis plus d’un an leur groupe, Blue Salt. Sur fond d’indie rock et de textes anglophones, le trio a écumé cet été différentes scènes locales avec culot, style encore brouillon mais particulièrement enivrant. Désormais, la préparation d’un EP est en cours. 

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Photo DR.

Une ancienne chambre familiale convertie en salle de répétition avec à l’intérieur une batterie, quelques guitares et des plaquettes de mousse acoustique accrochée au mur. Les débuts de Blue Salt ressemblent à quelques détails près à ceux de dizaines de groupes de rocks. Il y a d’abord Ogier Barthelet, pelouséen, le « leader » du groupe qui a débuté en solo dès 2021. Le chanteur et guitariste , timide, légèrement introverti, déborde d’idées et surtout, se transforme sur scène, comme en témoigne le show proposé aux Passagers du Zinc (PDZ) en mai 2023, alors que Blue Salt n’avait connu qu’une scène auparavant. L’étudiant en géographie est très vite rejoint par Lana Dobbelaere, originaire de Nods et ancienne camarade du lycée Jules Haag, passionnée comme lui de rock. D’une corpulence menue, son profil dénote avec l’assurance affichée quand il s’agit de parler musique. « J’ai dix ans de saxophone avec l’école de musique de Valdahon, Ogier a dix ans de batterie, nous avons une base musicale mais nous avons appris la guitare avec Youtube en quelques années. »

Premier concert au Supersonic de Paris

Les deux artistes amateurs font enfin appel à Clément Patton, fin 2022, fromager à Vernierfontaine et fougueux batteur. S’il donne son avis sur les morceaux, la création est plutôt gérée par les deux premiers. Ce qu’il aime, lui, c’est le live. « Il part souvent en impro dans les concerts et c’est ce qui fait notre charme. Notre musique n’a rien à voir ou presque entre ce que l’on enregistre et nos lives. ». Leur technique de communication s’éloigne aussi du traditionnel rock underground de la capitale, anticonformisme chevillé au corps. Blue Salt, comprenez Sel Bleu, vit avec son temps et mise sur les plateformes de streaming, comme Spotify. Un choix payant, qui offre une première anecdote mémorable au groupe. « Dès le premier morceau posté, on s’est retrouvé dans une playlist avec des groupes mondialement connus. Donc nos statistiques affichaient 10 000 auditeurs par mois et on s’est vendu de cette manière auprès du Supersonic, un bar dansant réputé de Paris. On n’avait jamais joué en direct, nous avions trois morceaux et pourtant on y est allé devant 200 à 300 personnes. Avec le recul c’est assez dingue », rigolent Ogier et Lana. S’en suit le PDZ donc puis d’autres concerts dans la région. Des nouveaux morceaux aussi comme Free Fall et un futur EP, ils l’espèrent, à venir en 2024. Foncez découvrir ce groupe qui offre une bouffée de fraicheur.

M.S