À 66 ans et malgré cette défaite, Anne Vignot laisse un héritage conséquent à Besançon, que Ludovic Fagaut aura tout le loisir de s’approprier à coups d’inaugurations. À gauche, derrière l’écologiste, qui peut aujourd’hui reprendre le flambeau à Besançon ? Le Parti socialiste ne s’est toujours pas reconstruit depuis Jean-Louis Fousseret. Même s’il n’y était pas encarté, les écologistes ont perdu Aurélien Laroppe, le seul élu du mandat écoulé à avoir été acclamé par l’ensemble des 67 maires du Grand Besançon pour son travail. Cette défaite, dimanche, plombe sérieusement leur leadership dans la capitale comtoise, dirigée depuis 73 ans par différents courants de gauche. Les jeunes communistes Aline Chassagne et Hasni Alem insufflent une nouvelle dynamique, mais peinent à dépasser leurs cercles respectifs. Aimée ou détestée, Séverine Véziès s’est montrée concise, claire et percutante tout au long de cette campagne. Avec elle, la gauche récupère une candidate confrontée aux polémiques incessantes visant son mouvement, aux insultes et aux menaces de mort, ainsi qu’aux insinuations les plus crasses, auxquelles l’élue a toujours su répondre avec la même rage de vaincre. Une personnalité politique capable d’envoyer dans les cordes ses adversaires, à l’heure où la politique-spectacle prend une place prépondérante dans le débat public. Sa prestation lors du débat télévisé du premier tour, diffusé sur France 3 Franche-Comté, volant au secours d’une Anne Vignot souvent bousculée, a été remarquée, y compris dans le camp de Ludovic Fagaut, qui sait mieux que personne qu’une opposition solide peut entacher un mandat. Même Jacques Ricciardetti, du Rassemblement national, y est allé de son petit signe de respect, saluant l’insoumise pour sa qualification ce dimanche 15 mars. L’enseignante est désormais identifiable par un large panel de Bisontins, sans n’avoir jamais été aux responsabilités, principal défaut pour une personnalité qui souhaite peser. Son entrée au prochain conseil municipal est déjà une victoire. L’insoumise aura six ou sept ans pour imposer sa vision dans le débat et devenir le nouveau cœur battant de la gauche à Besançon. Toutefois, pour elle comme pour un(e) autre leader, il faudra surtout compter sur une gauche unie.





























