Il s’agit d’un geste anodin que l’on réalise tous quotidiennement, machinalement. Ouvrir le robinet pour avoir de l’eau potable. Pourtant, derrière ce geste banal se cache une gestion particulièrement complexe. Captage, stockage, distribution, recherche de fuites, contrôles sanitaires ou encore investissements : à cheval entre le Doubs et la Haute-Saône, le Syndicat des eaux de Fourbanne-Blafond veille au quotidien à l’approvisionnement en eau potable de plus de 6 000 habitants. À sa tête depuis cette année mais siégeant au syndicat depuis sept ans, Raphaël Moras, élu municipal de Vennans, supervise la gestion du réseau qui dessert 29 communes réparties sur trois communautés de communes et deux départements. Une responsabilité qu’il a apprise « sur le tas » et qui l’amène à passer une grande partie de son temps sur le terrain. « C’est une grande responsabilité. Si un habitant n’a plus d’eau, c’est moi qu’il appelle en premier. Et je dois trouver une solution rapidement », confie-t-il. Une mission prenante qu’il exerce en parallèle de son activité professionnelle et qui lui demande « entre une et deux heures par jour. Heureusement, je suis entouré de mes adjoints qui m’aident beaucoup », ajoute-t-il.
Un syndicat mixte au fonctionnement particulier
Alors que la compétence de l’eau potable est aujourd’hui largement exercée à l’échelle intercommunale, le Syndicat des eaux de Fourbanne-Blafond fonctionne selon une organisation différente. Chaque commune membre désigne un élu pour la représenter au sein du syndicat. Les décisions concernant le fonctionnement du service et la gestion du patrimoine sont prises par le syndicat, tandis que certaines missions sont confiées à la SAUR – exploitant du réseau d’eau – notamment la gestion des abonnements, la facturation et l’exploitation technique des installations.
Une organisation qui permet notamment de maintenir un prix de l’eau particulièrement bas pour les abonnés. « Aujourd’hui, on est à 2,94 € le m³ d’eau sur une facture type pour une famille avec une consommation moyenne de 120 m³ sur notre secteur», souligne Raphaël Moras. Et les élus du secteur ne cachent pas leur satisfaction :« c‘est un fonctionnement qui convient à tout le monde. Au niveau économique, l’offre est imbattable. Et l’avantage c’est que l’on fait des économies sur les services » confie l’un des membres du syndicat.
Une gestion au quotidien
Mais derrière le robinet, c’est tout un réseau qu’il faut surveiller et entretenir. Le syndicat gère ainsi 128 kilomètres de canalisations. En 2025, 39 campagnes de recherche de fuites ont été menées, permettant d’en détecter plus de 25. Des anomalies courantes qui doivent être gérées rapidement par le Syndicat et qui pèsent lourd dans le budget. Chaque année, plus de 500 000 m³ d’eau potable sont produits et distribués aux habitants. L’essentiel de cette ressource provenant notamment des réserves d’eau de Fourbanne et d’Ougney-Douvot.
La qualité de l’eau fait également l’objet d’un suivi sanitaire réglementaire, auquel s’ajoutent les contrôles réalisés par l’exploitant. Un enjeu particulièrement important pour un territoire où de fortes précipitations peuvent entraîner une augmentation de la turbidité (eau trouble) et favoriser l’arrivée de certains polluants dans les captages.
De nombreux investissements à prévoir
À cette gestion quotidienne s’ajoute un autre défi : anticiper les besoins futurs. Le syndicat compte notamment six ouvrages de prélèvement de l’eau et cinq stations de production. Son budget annuel s’élève à environ 300 000 euros. Parmi les projets importants à venir figure la construction d’une unité d’ultrafiltration à Rougemontot. Le montant du projet dépasse 1,2 million d’euros. Une partie de son financement doit être assurée grâce au soutien de l’Agence de l’eau, de l’Agence régionale de santé (ARS) et du Département du Doubs.
Des investissements lourds, mais nécessaires pour garantir la continuité de l’approvisionnement dans les années à venir et la viabilité des installations alors que la gestion de l’eau est appelée à devenir un enjeu toujours plus important. Car derrière chaque robinet qui fonctionne se cachent des kilomètres de canalisations, des ouvrages à entretenir, des investissements à anticiper… mais aussi des élus locaux qui, lorsqu’un problème survient, doivent être capables de trouver rapidement une solution.





























