Domergue Aviation se met à l’heure de la transition énergétique

Adriana Domergue ne cache pas sa fierté de recevoir dans les prochains jours un Velis SW128, un des derniers modèles du fabriquant slovène Pipistrel, entièrement électrique.

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Adriana Domergue devant le Velis Electro de Pipistrel ©Domergue Aviation

La directrice de l’école de pilotage de La Vèze est l’une des premières femmes pilote qualifiée pour assurer l’instruction sur ces avions de demain.

Retour sur le futur

Le transport aérien poursuit son développement, qu’il s’agisse de tourisme, d’aviation d’affaires ou de loisirs. Il n’y a que dans E.T que l’on voit un jeune garçon s’envoler…à vélo !

Le Velis Electro est le moyen le plus écologique pour apprendre à voler. Et la Fédération Française d’Aéronautique ne s’y trompe pas en ayant acquis 5 Avions Velis qui seront mis en location dans les écoles de pilotage. Celle de la Vèze est l’une des premières à être dotée de ce nouveau matériel. Le Velis Electro est devenu le premier avion électrique au monde avec une certification de l’Agence européenne de la sécurité aérienne. L’école de pilotage de La Vèze est ainsi reconnue comme un site de formation réputé.

ça sent moins fort que le kérosène ©Domergue Aviation

Cet avion monomoteur biplace peut embarquer deux personnes en vol pour environ 50’ d’autonomie. Sa charge utile de 172 kg permet de transporter deux personnes pour des vols de courte durée. L’engin peut voler à 12000 pieds.  Comme le souligne Adriana Domergue « ce sont les balbutiements des nouveaux modes de propulsion aériens. Les contraintes météorologiques par exemple peuvent réduire le temps de vol effectif et le poids actuel des batteries limite la charge utile ».

Le coût actuel est encore un frein au développement d’une aviation durable. A capacité et performances égales, le Velis de Pipistrel coûte environ le double d’un avion à propulsion thermique (environ 400 K€ contre 180 à 200 K€). Mais l’augmentation de la production et la concurrence accrue permettra de diminuer sensiblement le coût d’acquisition d’un tel engin.

L’école de pilotage de La Vèze joue la carte environnementale

« Pour nous, disposer de cet avion, c’est démontrer notre ambition de participer à l’évolution technologique de l’aviation au service des contraintes environnementales » soulignent Adriana et Claude Domergue. Quand Louis Blériot a traversé la Manche en 1909, qui pouvait imaginer les sauts technologiques permettant l’envol des 560 tonnes d’un Airbus A380 ? La technologie n’est pas ennemie de l’écologie, elle en est même l’avenir.

« Un avion sans bruit et sans carbone » s’enthousiasment Adriana et Claude Domergue. Associés dans la vie professionnelle et la vie tout court, ils sont aussi amoureux du ciel et sensibles à leur environnement.  Drones ou avions, la protection de la planète passe par la terre vue du ciel !

Qui y croirait ? Les plateformes aéroportuaires sont des garantes de la biodiversité. A La Vèze, on y récolte du miel comme dans 70 aéroports membres d’Aéro Biodiversité. Il est fortement question également d’installer des panneaux photovoltaïques à La Vèze, une façon aussi de produire une électricité totalement décarbonnée.

40 élèves en permanence sur le tarmac de La Vèze

« Nous n’avons jamais eu autant de jeunes en formation de pilotage ». La formation initiale d’une trentaine d’heures pour voler en solo peut se compléter par une formation sur 18 mois pour obtenir son brevet de pilote. Accessible à partir de 14 à 15 ans, l’aviation passionne toujours plus les jeunes qui s’identifient à Antoine de Saint-Exupéry « Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité ». Adriana Domergue est fière d’avoir intéressés des jeunes des quartiers difficiles à l’apprentissage du pilotage.

En 50 ans, à l’école de pilotage de La Vèze, Adriana et Claude Domergue ont formé plus de 1000 jeunes devenus pilotes de ligne et plus d’une centaine pilotes de chasse dans l’Armée de l’air, une belle reconnaissance de l’excellence de la formation.

L’aviation est un métier d’avenir, n’en déplaise aux détracteurs des « jets privés des grands patrons ». Heureusement qu’ils ont des avions et des pilotes pour développer les entreprises françaises à travers le monde. L’aviation est une activité de demain qui sait adapter ses matériels et ses personnels aux exigences d’un monde durable.

Yves Quemeneur