L’activité économique fléchit comme partout en France. Les effectifs salariés se sont contractés au 4ème trimestre 2024 et les défaillances d’entreprises restent nombreuses. La croissance de l’emploi marque le pas mais le taux de chômage évolue peu malgré tout. Tous les secteurs d’activité sont impactés.
Fréquentation hôtelière en baisse mais plus de touristes étrangers
Le nombre de nuitées des résidents français était en baisse de 2% au 4ème trimestre (1 276 100) mais le nombre de non-résidents a augmenté de 6% sur la même période. Un point positif avec le retour des touristes américains, espagnols et chinois mais un recul de 30% des britanniques.
Les micro-entreprises ne soutiennent plus les créations d’entreprises
Elles sont en recul de 0,2% contre une baisse de 5% pour les entreprises classiques. Sur l’année, la création de micro-entreprises a progressé de 7,2% peinant à contrebalancer la baisse de 3,9% des entreprises classiques. La progression de créations de micro-entreprises cache une plus grande absence de pérennité.
Les défaillances se tassent au 4ème trimestre 2024
La région a enregistré 2 200 défaillances d’entreprises en 2024. Le tassement constaté au 4ème trimestre ne reflète pas la difficulté de nombreux secteurs d’activité, notamment la construction.
L’emploi prend un coup de froid
Fin décembre 2024, on recensait 992 000 emplois salariés (public et privé). Sur le seul 4ème trimestre, la perte d’emplois était de 4 350 et de 3 500 sur l’ensemble de l’année, soit un recul de 0,3%. Plus du tiers des emplois perdus au 4ème trimestre concerne les services non marchands. L’administration publique y contribue à hauteur de 60% même si les emplois publics ont progressé de 0,2% sur l’année.
L’emploi public pèse 25% de l’emploi salarié dans la région (245 300/746 700).
La crise immobilière impacte le repli dans la construction et les activités immobilières qui perdent 330 salariés sur la période.
Le recul est surtout très marqué dans l’intérim avec 700 emplois de moins sur le trimestre. Alors que la consommation des ménages marque le pas, l’emploi dans le commerce demeure stable. L’hôtellerie-restauration en hausse ne compense pas les pertes d’emploi, notamment dans les services aux entreprises.
L’emploi dans l’industrie se maintient sur le 4ème trimestre (-0,1%) grâce à la bonne performance de l’agroalimentaire qui ne compense pas toutefois les difficultés de l’industrie de fabrication de matériels de transport (l’automobile pour faire simple). Le secteur n’emploie plus de 20 200 personnes, soit 3 500 de moins qu’à fin 2019. ZFE, fin du thermique en 2035, prix des véhicules électriques et hybrides…en sont probablement la cause. Les décisions politiques ne s’accompagnent jamais d’une étude d’impact !
L’emploi à la baisse dans la majorité des départements
La Côte d’Or perd 1 000 emplois sur le 4ème trimestre mais en gagne 980 sur l’ensemble de l’année 2024. Le département du Doubs est en recul de 0,4% sur le trimestre et de 0,7% sur l’année. Les 8 départements de la région ont perdu des emplois sur le 4ème trimestre. Seule la Côte d’Or voit ses effectifs progresser sur l’année.
Le nombre de demandeurs d’emploi en forte hausse au 4ème trimestre
En moyenne sur le dernier trimestre 2024, France Travail a enregistré 199 740 demandeurs d’emploi, une hausse de 2% sur une année.
L’augmentation est notable en catégorie A (demandeurs n’ayant aucune activité salariée sur la période). Ils sont 106 230 demandeurs, soit une augmentation de 5,7% sur l’ensemble de l’année en catégorie A et 93 500 personnes en catégories B et C).
France Travail note une forte hausse des demandeurs de moins de 25 ans en catégorie A (+7%). L’obligation d’inscription à France Travail inscrite dans la Loi Plein Emploi a incité les missions locales à orienter les jeunes vers France Travail. Cette obligation concerne également les bénéficiaires du RSA.
Une forte baisse de l’emploi privé
Après plusieurs trimestres de stabilité, l’emploi diminue en Bourgogne Franche-Comté de 0,4% au 4ème trimestre 2024. Même le secteur public ne soutient plus la dynamique de l’emploi dans la région. Dans le privé, la région enregistre sa plus forte baisse d’emploi depuis 2016 (hors crise sanitaire).
Le taux de chômage évolue peu
Le Jura tient le haut du pavé avec un taux de quasi plein emploi de 5,2% (qui cache des variations importantes selon les territoires). Le Territoire de Belfort enregistre le taux le plus haut à 8,8%. Le Doubs, avec 6,9% de taux de chômage est plus d’un point au-dessus de la Côte d’Or. Là encore, cela cache des fortes disparités par exemple entre la zone frontalière et le Pays de Montbéliard.
Les incertitudes géopolitiques, les promesses qui ne sont que des promesses, la « drôle de guerre économique » avec les Etats-Unis, la fin probable du conflit russo-ukrainien n’enthousiasment pas les chefs d’entreprises.