Haut-Doubs. A Pontarlier. Rencontre avec un amateur oenophile épicurien : Olif

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Olivier Grosjean, alias Olif, nous livre ses impressions d'oenophile avec une plume aussi légère qu'un champagne et enivrante qu'un grand millésimé

Olif, c’est son surnom dans le monde de l’oenophilie. Ce pontissalien à la cinquantaine pétillante (comme certains vins qu’il déguste) nous livre ses découvertes et pensées enivrantes au fil d’un blog et d’ouvrages dans lesquels on se plonge avec gourmandise.

Vous vous dites « oenophile », et non « œnologue ». Quelle est la différence ?
L’œnologie est un métier, qui demande une formation poussée et spécifique. Ma propre formation n’a rien de professionnelle et elle s’est faite au fil du temps et des découvertes. De curiosité, elle est devenue passion, progressivement.

Quand et comment êtes-vous tombé dedans ?
J’ai commencé à m’intéresser aux vins en général dès que j’ai eu l’âge d’y goûter. On pourrait donc situer l’époque vers mes 18 ans. Mes parents consommaient du vin mais ils n’étaient pas forcément bons ! J’ai voulu en savoir plus sur le terroir, les vignerons et tout ce qui fait la grande culture du vin. Je pense avoir aujourd’hui une bonne connaissance des terroirs bourguignons et jurassiens, entre autres, qui ont un terroir exceptionnel.

Qu’entendez-vous par terroir ?
Parfois, on résume le terroir au sous-sol sur lequel poussent les vignes. Mais ce n’est pas tout ! Le terroir c’est l’identité du lieu, l’exposition, et même le climat ! L’homme a un rôle primordial dans le terroir, qu’il modifie profondément. Les vins de qualité sont issus de bons raisins, c’est la base ! Puis vient la pâte du vigneron, sa sensibilité et même sa fantaisie. Des vins issus d’un même terroir seront toutefois tous différents.

Votre blog regorge de rencontres avec des vignerons et de découvertes en tout genre.
Ce sont les cavistes qui font les découvertes, je me contente juste de les déguster et de me laisser surprendre. Je transmets ensuite mes impressions suite à ces dégustations lorsqu’elles méritent qu’on s’y intéresse.

Vous arrivez encore à être surpris ?
Ah oui ! Le jour où j’arrêterai d’être surpris, je me mettrai au thé ! (rires). D’ailleurs, mon dernier gros choc gustatif a été les vins orange d’Alsace. Ce sont des vins macérés qui gagnent en pureté et en expression. Ils sont issus de cépages alsaciens et c’est la macération qui leur donne cette teinte orangée. Je les ai trouvés beaucoup plus digestes et on commence à en trouver chez nos cavistes.

En plus de votre blog, vous avez également écrit cinq ouvrages. De quoi parlent-ils ?
Il y a déjà eu trois ouvrages en co-écriture. A commencer par « Tronches de vins », volume 1 et 2. Ils dressent le portrait des « vins qu’ont d’la gueule ». Et tout dernièrement le livre Cavistes est sorti, écrit avec quatre autres auteurs. Nous présentons des cavistes de la France entière. Ce sont des professionnels passionnés de leur métier et des intermédiaires indispensables qui travaillent directement avec les vignerons. J’ai également écrit un traité de dégustation dans le but de désacraliser ce milieu, qui s’intitule « De profundis gustatibus », ainsi qu’un ouvrage sur le vin jaune et dix façons de l’accompagner.

A qui s’adressent ces ouvrages exactement ?
A tout le monde ! Enfin, à tous ceux qui s’intéressent aux vins dans leur globalité, qui ont envie d’en savoir plus mais sans prise de tête, et avec simplicité. On sort de l’élitisme de la dégustation de vins pour en faire un exercice à la portée de tous, pour peu que l’on connaisse quelques bases.

Pour en revenir à « Cavistes », pourquoi avoir choisi de mettre cette profession en lumière ?
Elle souffre de la concurrence rude menée par la grande distribution. Le caviste est pourtant un interlocuteur privilégié lorsque l’on cherche un vin en particulier, en fonction de ses goûts ou du plat que l’on prépare. Il est toujours d’excellents conseils et dispose de bouteilles que vous ne trouverez nulle part ailleurs : des productions de vignerons qui ne produisent qu’en petites quantités, des pépites d’or liquide inédites que vous n’auriez sans doute pas découvertes sans lui. Et en plus, il n’est pas plus cher qu’ailleurs !

Les ouvrages d’Olif sont disponibles à la librairie Rousseau ainsi que sur le site de l’éditeur : édition Epure.
Retrouvez Olif sur son blog « leblogdolif.com » ainsi que sur sa page facebook « Olivier Grosjean ».