Haut-Doubs. Des arbres protégés pour favoriser la biodiversité

4,2 hectares de forêts ont été mobilisés pour la création d’un îlot de sénescence en plein cœur du site Natura 2000 « Vallée du Dessoubre », à Saint-Hippolyte. Explications. 

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Les arbres concernés font l'objet d'un marquage spécifique.

« Les bois considérés comme sénescents sont ceux qui ont dépassé l’âge d’exploitabilité couramment retenu dans la sylviculture classique et qui montrent des signes de dépérissement par exemple des branches mortes, des décollements d’écorce ou des fentes », explique Séverine Guyot, animatrice Natura 2000 à l’EPAGE Doubs Dessoubre avec qui la commune de Saint-Hippolyte a engagé un contrat forestier. Une démarche de non-intervention sylvicole pendant 30 ans sur la superficie de 4,2 ha et démarrant cette année, permettra la sélection et le maintien d’arbres sénescents.

Non-intervention sylvicole pendant 30 ans

Pour ce faire, le projet s’est appuyé d’une part sur des données espèces et habitats et d’autre part de l’expertise de l’Office National des Forêts (ONF) pour évaluer la compatibilité des enjeux socio-économiques et environnementaux. « Ces arbres constituent des puits de carbone précieux pour le climat et à une autre échelle des habitats, autrement dit des milieux de vie, pour d’innombrables espèces », poursuit-elle, évoquant notamment le Milan royal et d’autres rapaces qui peuvent être rencontrés dans des arbres aux cimes étêtées avec de grosses branches constituant une base plane et solide pour la construction de leur nid. Les Pics affectionnent également ces gros bois pour y creuser leur nid et se nourrir de larves d’insectes. Sans oublier de nombreuses espèces de Chauves-souris qui vivent en forêt comme la Barbastelle d’Europe et le Murin à oreilles échancrées. « Une cavité, une fissure ou simplement un décollement d’écorce peut servir de gîte ou d’abris à toute une colonie ». Enfin, de nombreux invertébrés dont ceux dits saproxylophages qui se nourrissent de bois morts, profiteront de cet îlot tout comme des champignons, mousses et lichens qui continueront à s’y développer.

Subventionné par l’Etat et l’Europe, ce type de contrat a déjà séduit plusieurs communes du secteur comme Glère, Mancenans-Lizerne, Plaimbois-du-Miroir ou Les-Plains-et-Grands-Essarts. « Au total 9,36 ha sont concernés ainsi que 83 arbres isolés, pour débuter la conception d’un réseau écologique fonctionnel pour les espèces d’intérêt européen inféodées aux milieux forestiers ».