Baume-les-Dames. Le Cusancin : l’AAPPMA tire la sonnette d’alarme

Dans un communiqué sur ses réseaux sociaux, l’Association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique (AAPPMA) de Baume-les-Dames fait état de mortalités piscicoles observées sur le Cusancin. Une situation jugée gravissime pour son président.  

42
le Cusancin
© AAPPMA Baume-les-Dames

Depuis plusieurs semaines, l’Association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique (AAPPMA) de Baume-les-Dames alerte sur une situation qu’elle juge « gravissime » concernant le Cusancin. Des poissons morts, principalement des truites, sont régulièrement retrouvés dans la rivière. Une mortalité piscicole qui, selon l’association, s’inscrit dans un phénomène loin d’être nouveau.

« Nos rivières sont en train de mourir »

Dans un communiqué publié au mois de décembre sur les réseaux sociaux, l’AAPPMA dénonce une situation devenue intenable. « Cette mortalité piscicole massive n’est ni un fait divers, ni un accident isolé. Elle est inacceptable. Nos rivières sont en train de mourir », écrit l’association, évoquant des cours d’eau « à l’agonie » et une biodiversité « sacrifiée ».
Manque d’oxygène lié aux fortes chaleurs, pollutions ponctuelles ou chroniques, rejets insuffisamment traités ou étiages sévères : pour les bénévoles, les causes sont identifiées et connues de longue date. « Pourtant, rien ne change », regrette l’AAPPMA dans son communiqué. « On observe une augmentation des mortalités piscicoles sur le Cusancin depuis bien une dizaine d’années », explique le président de l’association. Deux espèces emblématiques des rivières du Doubs sont aujourd’hui en grand danger selon le pêcheur : la truite fario et l’ombre commun.

Photo partagé par l’association lors de son alerte sur les réseaux sociaux / © AAPPMA Baume-les-Dames

Des solutions inadaptées

L’année 2025 a été marquée par plusieurs épisodes préoccupants. « Il y a eu des épandages interdits, une pollution majeure liée à une cuve de fioul sur les sources du Cusancin, que nous avons signalée dès le mois de mai », détaille le président. À cela s’ajoutent des pollutions récurrentes du Doubs : « Vous pouvez être touché par quelque chose qui ne tue pas tout de suite. La pollution, ce n’est pas que la mort directe des poissons », rappelle-t-il. Dans le Cusancin, plusieurs communes rejettent directement leurs eaux usées dans le milieu naturel, notamment Pont-les-Moulins, Cuisance, Baume-les-Dames ou encore Guillon-les-Bains. La compétence d’assainissement est sous la responsabilité de la communauté de communes du Doubs Baumois depuis 2024. Le président pointe également du doigt les réponses apportées par les pouvoirs publics : « des clôtures ont été installées sur des parcelles où il n’y a jamais eu de bétail. C’est gênant ».

Faire des propositions pour empêcher l’irréversible

Malgré un ton alarmiste, l’AAPPMA ne veut pas se limiter à la dénonciation. « On ne peut pas s’arrêter là, il faut faire des propositions ». L’association travaille actuellement sur un plan d’action à dix ans, destiné aux collectivités et au monde agricole, notamment sur la question des épandages et des rejets directs dans le milieu naturel. La pêche sur le Cusancin est d’ailleurs passée en no-kill (sans tuer ndlr) depuis plusieurs années, interdisant tout prélèvement de poissons. « D’ici quelques années, il n’y aura plus de poissons si la situation ne s’améliore pas », prévient le président. Au-delà de l’enjeu environnemental, le pécheur rappelle aussi l’importance économique et touristique de rivières en bonne santé : « Des cours d’eau en bon état ça attire du monde, ça fait marcher les commerces ».