Patrice Arnoux, délégué départemental de l’Éducation Nationale

Président de l’Union Départementale du Doubs des Délégués Départementaux de l’Éducation Nationale (DDEN), Patrice Arnoux nous éclaire sur le rôle de ce rouage méconnu de l’école publique.

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Qu’est-ce qu’un DDEN ?

Le Délégué Départemental de l’Éducation Nationale est un bénévole, une personne ressource de l’école, il est garant des valeurs républicaines et des principes qui ont fondé l’école publique : l’égalité, la gratuité, la laïcité. Il est nommé officiellement par le directeur académique et pour  4 ans, donc investi d’une fonction officielle pour veiller aux bonnes conditions de vie de l’enfant, à l’école et autour de l’école. Le DDEN est membre de droit du conseil d’école, en quelque sorte une charnière entre l’école, la commune et les parents d’élèves. Nous devons parfois résoudre d’éventuelles situations conflictuelles avec toujours le même objectif, l’intérêt de l’enfant. Nous sommes 90 dans le département du Doubs pour 550 écoles.

Quel est exactement votre rôle ?

Nous avons une fonction d’observation et de vigilance, dans divers domaines. L’état sanitaire des locaux scolaires comme ceux de la restauration, le mobilier scolaire mais aussi les installations sportives, le matériel d’enseignement  mis à disposition  , les transports scolaires, et bien entendu la sécurité à l’intérieur comme à l’extérieur des bâtiments. Nous faisons des visites avec compte-rendu qui sont transmis à l’inspection de l’éducation nationale de la circonscription ainsi qu’à l’élu, maire ou président de la communauté de communes, en espérant qu’une suite sera donnée afin d’améliorer la situation.

Vous avez aussi un rôle politique puisque la laïcité fait partie de vos préoccupations ?

Pour les DDEN, c’est une exigence et un objectif majeur pour que les élèves, citoyens en devenir, accèdent à leur liberté de conscience.  La laïcité c’est, entre autres, la rencontre des convictions, en évitant l’affrontement des certitudes. Aucune réforme ne bâtira l’école publique sans le respect de la laïcité et de son principe.

Elle est le fruit d’un long combat pour accéder à un vivre ensemble harmonieux, équilibré dans le respect réciproque des convictions individuelles. Nous veillons donc à ce que l’école soit un lieu préservé et ne manquons pas d’alerter en cas de manquement quand des signes distinctifs à caractère ostentatoire ou des comportements inappropriés viennent mettre à mal ce principe. Aujourd’hui, la loi de 1905 qui régit ce principe n’est pas obsolète, il suffit de l’appliquer pour ne pas risquer de glisser vers une société communautariste favorisant toujours d’entre soi.

Quels sont vos combats aujourd’hui ?

Nous sommes très attachés à la gratuité de l’école ce qui dans les faits est de plus en plus difficile. Il est donc important de permettre à tous les élèves de pouvoir profiter des sorties scolaires. Des questions se posent également quant à l’uniforme à l’école. A titre personnel, je suis plutôt contre, en tout cas à l’école primaire mais je pense que le débat se doit d’être mené dans la sérénité. Il y a déjà des écoles de la République où cela existe , et dans le secondaire où le « paraître » devient plus important pour les élèves, la tenue vestimentaire peut constituer au regard de certaines situations réelles et vécues s’avérer parmi d’autres, être un problème supplémentaire.  De là à en faire une priorité qui est somme toute assez coûteuse…….. Notre Congrès fédéral abordera vraisemblablement cette question.

Vous menez des actions de terrain. Quelles sont-elles ?

Les DDEN dans le Doubs comme ailleurs en France propose aux écoles de participer à des concours favorisant l’engagement. Celui des « Ecoles fleuries » par exemple qui a permis l’an dernier à celle de Pouligney-Luisans de briller au niveau national. Il y a aussi le concours « Se construire et devenir citoyen » tourné autour de l’appropriation des valeurs de la République et du bien vivre ensemble. Nous sommes à disposition pour communiquer des informations aux enseignants. Enfin, chaque année, nous menons une grande enquête sur un thème précis : après les violences scolaires, l’état des sanitaires dans les établissements, nous parlons cette année restauration scolaire et l’an prochain école inclusive. Les résultats permettent à des sociologues de travailler et nous éditons à la suite de cela un livret avec des suggestions et des propositions.

Vous souhaitez lancer un appel…

Je l’ai dit, nous sommes seulement 90 à couvrir l’ensemble du département ce qui rend difficile de nous occuper correctement des 400 écoles du territoire. Nous recrutons donc à l’occasion du renouvellement quadriennal qui arrive pour les années 2025 à 2029. Les personnes intéressées peuvent me contacter par mail à dden.doubs@gmail.com