Des insecticides interdits vont-ils être de nouveau autorisés ? C’est la crainte de nombreux syndicats, ONG et agriculteurs. La » loi Duplomb « , vise notamment à favoriser la construction de mégabassines, d’autoriser la mise sur le marché des pesticides, et de réintroduire l’acétamipride interdit en France depuis 2018. Le Conseil constitutionnel avait censuré cette dernière disposition l’été 2025, mais le sénateur Laurent Duplomb est revenu à la charge en déposant un nouveau projet de loi le 2 février dernier visant une nouvelle fois à réintroduire, dans certaines cultures, l’acétamipride, ainsi qu’un autre pesticide, le flupyradifurone. “C’est un peu invraisemblable”, réagit Jean-Louis Cannelle de la Confédération Paysanne du Doubs. Une mobilisation s’est tenue au niveau national les 7 et 8 février. À Pontarlier, ils étaient une cinquantaine à manifester le samedi 7 février devant la permanence d’Éric Liégeon, député de la 5e circonscription du Doubs, remplaçant d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.
L’année dernière, une première pétition avait récolté plus de 2 millions de signatures. Une deuxième a été déposée dès le 2 février, avec plus de 72 000 signatures (en date du 11 février, ndlr). “On veut continuer à montrer notre mécontentement”, déclare Jean-Louis Cannelle. Le débat de la pétition record de 2025 a eu lieu le 11 février à l’Assemblée nationale. “Il y a quand même 2 millions de personnes qui se sont exprimées clairement par rapport au refus et au renvoi de la loi. Ça a été entendu puisqu’elle n’a pas été votée dans son intégralité. Néanmoins, c’est représenté par Monsieur Duplomb qui n’a pas dû tout à fait comprendre”.
“Si c’est pour produire des produits contraires à la santé humaine, c’est plus que scandaleux”
“Ça concerne, par exemple, les établissements classés qui devront déposer des demandes pour agrandir leur élevage ou autres, ça représente 63 élevages au niveau national. On est vraiment dans un système qui va concerner quelques agro-industriels”. En plus de la pollution environnementale, les manifestants rappellent les risques pour les agriculteurs et les consommateurs. “La mobilisation est présente et forte autant au niveau des agriculteurs de la Confédération, des associations de l’environnement, des associations qui militent pour la santé. Il y a un lien qui est fait entre l’acétamipride et les neurotoxiques entre les maladies d’Alzheimer, de Charcot, de Parkinson”, dénonce Stéphanie Gigandet, co-référente des Amis de la Confédération paysanne du Doubs, poursuivie par Jean-Louis Cannelle, “le rôle d’un paysan est de nourrir le monde. Si c’est pour produire des produits contraires à la santé humaine, c’est plus que scandaleux”.
Ce samedi 7 février, ils ont pu échanger avec Éric Liégeon. Ce dernier avait voté en faveur de la loi l’année dernière, et devrait faire de même si la nouvelle version devait arriver à l’Assemblée nationale. “Je fais appel à la communauté scientifique. Pour la première loi Duplomb, j’avais regardé ce que disaient les rapports de l’ANSES et de l’EFSA et c’était en phase avec le vote que j’ai effectué”, a déclaré le député à nos confrères de France 3 Franche-Comté. Un cahier de doléances lui a été remis lors de la mobilisation, qui a récolté une quarantaine de messages, qui doit être transmis à Annie Genevard. “Il ne pourra pas dire qu’on n’a pas prévenu. On a fait notre devoir de citoyen. Si on doit rencontrer Annie Genevard, on le fera”, conclut Stéphanie Gigandet. Au fond, ce que souhaite les manifestants, c’est “la garantie d’un revenu digne aux agriculteurs, aux agricultrices, aux éleveuses et éleveurs, tout en protégeant notre environnement et notre santé”.






























