Région. La FDSEA du Doubs veut anticiper les crises sanitaires

Florent Dornier, le président de la FDSEA du Doubs avait convié le monde agricole le 30 janvier à son congrès annuel au Centre d’Affaires de Baume-les-Dames. Capacité de résilience et travail d’anticipation étaient au cœur du débat proposé aux agriculteurs.

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Les membres du bureau de la FDSEA 25 : Stéphane Sauce, Emmanuelle Ballandret (absente sur la photo), Florent Dornier, Mathieu Regazzoni, Cyril Arguedas, Jérôme Choulet ©YQ

Devant Rémi Bastille le préfet du Doubs, et des députés et sénateurs du département dont Dominique Voynet, Mathieu Bloch, Laurent Croizier, Annick Jacquemet et Jean-François Longeot, Florent Dornier, éleveur à Ville-du-Pont a parlé au nom des nouvelles générations d’agriculteurs :  » je n’ai jamais connu de crise sanitaire importante ». Il ne veut pas que la profession agricole oublie son histoire, faite de multiples crises sanitaires qui ont souvent été anticipées.

Dominique Voynet député de la 2ème circonscription du Doubs, Philippe Monnet Président de la Chambre d’Agriculture 25-90, Rémi Bastille Préfet du Doubs, Benoît Fabbri Directeur départemental de la DTT, Laurent Croizier Député de la 1ère circonscription du Doubs, Annick Jacquement Sénatrice du Doubs et Thierry Maire du Poset, vice-président du conseil départemental. Absents sur la photo Mathieu Bloch député de la 3ème circonscription du Doubs et Jean-François Longeot Sénateur du Doubs ©YQ

Dépasser l’émotion pour mieux comprendre et anticiper les enjeux sanitaires à venir

Après le long et détaillé rapport d’activité 2025 de l’organisation syndicale agricole, une table ronde réunissait trois expertes reconnues du monde scientifique agricole. Pour Natacha Woronoff-Rehn, directrice du laboratoire vétérinaire du département du Doubs, « les éleveurs du département anticipent de longue date les fragilités potentielles de la filière liées à une quasi mono race (la Montbéliarde) et la transformation du lait en fromages au lait cru ». « Vous avez le sanitaire chevillé au coeur » ajoute la vétérinaire qui se dit inquiète de l’augmentation sensible en 2025 du nombre d’avortements de vaches, conséquence de maladies infectieuses. « Au-delà du bien-être animal, souci primordial des éleveurs, ces avortements ont des conséquences économiques pour les exploitations ».

Kristel Gache dirige le Groupement à vocation sanitaire animale (GDS). Elle a souligné l’intérêt de la plateforme de surveillance des épizooties ( http://plateforme-esa.fr ) qui identifie en temps réel l’évolution des maladies potentielles au plan national et international. Elle ajoutait que « l’accroissement des transports d’animaux et d’une manière générale le tourisme sont un cocktail à virus pour nos animaux de ferme ».

De son côté, Diane Chavassieux, ingénieure spécialiste du végétal, a rappelé les maladies du feuillage, l’incidence pour les plantes des insectes ravageurs. « La nature est une zone à risques » soulignant que l’agriculture est « une filière à risques naturels ».

« La France est un pays de cocagne grâce aux agriculteurs »

Christophe Chambon est éleveur à Sancey dans le Doubs. Vice-président de la FNSEA nationale, il préside aux destinées du « Parlement sanitaire ». Le FMSE (Fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental) est le seul fonds d’indemnisation en Europe. Il est financé par un prélèvement forfaitaire obligatoire de 20€/an pour chaque exploitation et indemnise les conséquences des crises sanitaires liées à des maladies réglementées. « Arrêtons de subir et anticipons » assène le vice-président national de la FNSEA.

Pour la FDSEA 25, « la réflexion collective de tous les acteurs du monde agricole est indispensable pour adapter les pratiques agricoles, renforcer la prévention et accompagner l’évolution de la recherche et des outils de gestion du risque, dans un objectif de résilience durable de l’agriculture ». Les agriculteurs du Doubs ne disent pas autre chose quand ils combattent les effets du Mercosur : « nous ne sommes pas opposés par principe aux traités internationaux à condition que les règles qui valent ici, s’imposent aux produits venus d’ailleurs ».

« Garder la tête froide face aux réseaux sociaux »

Emeline Ballandret a emporté l’adhésion des centaines d’agriculteurs présents à Baume-les-Dames. La Secrétaire générale de l’organisation agricole a égrené toutes les actions entreprises par le syndicat agricole en 2025, de la gestion de la dermatose nodulaire au dossier du loup, sur l’évolution des zones Natura 2000 à l’épineux dossier des retraites agricoles, scandant chaque phrase de l’anaphore « c’est nous » !

En conclusion, Florent Dornier a insisté « sur l’importance de garder la tête froide et de réfléchir dans l’intérêt collectif face aux réseaux sociaux, trop souvent sources de désinformation ».

Yves Quemeneur