Besançon. Sabrina Zazaï-Özil : « Je suis une internationale française, personne ne pourra me l’enlever »

À 31 ans, la capitaine de l'ESBF Sabrina Zazaï-Ozil a découvert pour la première fois le maillot bleu-blanc-rouge lors du stage de préparation à la Coupe du monde. Deux buts et un sourire qui ne l’a pas quittée du rassemblement. De retour à Besançon, alors que les Bleues disputent désormais le Mondial aux Pays-Bas, elle revient sur cette parenthèse intense.

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©Fédération Française de Handball

Avec du recul, comment avez-vous vécu cette première semaine en équipe de France ?

C’était une expérience exceptionnelle. Être intégrée dans cette équipe pendant une semaine, c’était fou. Quand la sélection est tombée, j’étais très fière, mais le vivre c’était encore plus fort. Et puis, j’ai eu la chance de partager tout ça avec deux de mes meilleures amies (Marie-Hélène Sajka et Camille Depuiset), donc c’était encore plus beau. J’ai eu l’impression d’être à ma place, les filles m’ont super bien accueillie. Et je pense que mon âge et mon expérience ont aussi aidé.

Vous vous attendiez à ce que ce soit aussi facile ?

Je suis arrivée à un moment de ma vie où je suis à l’aise avec moi-même. J’ai toujours dit que je voulais terminer ma carrière sans aucun regret. Cette sélection, c’est un peu l’apothéose de toutes ces années de travail. Je n’ai ressenti que du positif, aucun stress particulier. J’ai été internationale française et ça personne ne pourra me l’enlever. Évidemment, j’espère que ce n’est que le début, tant que mon corps suit, je jouerai.

Comment avez-vous vécu votre première sélection face à l’Angola ?

Je suis restée fidèle à moi-même, et c’est le plus important. Je sais pourquoi j’ai été appelée, pour la fille qui communique avec le public, qui tente des gestes techniques… Marquer mon premier but sur une passe de Marie-Hélène Sajka, une de mes meilleures amies, l’histoire ne peut pas être plus belle.

Que retenez-vous des échanges avec le staff de l’équipe de France ?

Le staff a été très clair et très bienveillant avec moi sur le rôle que j’avais pendant le rassemblement. J’ai conscience d’avoir 31 ans et qu’il y a une génération Los Angeles 2028 à préparer. Le coach Sébastien Gardillou m’a dit à la fin du stage que j’avais le niveau international, c’est super d’entendre ça de sa part. Il n’a pas fermé la porte à l’idée de me rappeler, donc à moi d’être performante avec l’ESBF pour peut-être être sélectionnée de nouveau.

Le  fait le plus marquant au niveau international ?

L’intensité. Tout est multiplié par dix. La vitesse, la réalisation des gestes, la précision. Quand tu touches l’élite du doigt, tu réalises beaucoup de choses. Revenir à Besançon avec ça en tête, ça te donne envie de montrer l’exemple en termes d’exigence. On est une équipe ambitieuse, et pour moi on mérite d’avoir de grandes ambitions. Ce genre d’expérience te fait lever le curseur.