Pour Rodolphe Lanz, secrétaire général de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) » cet arrêté vise également le transit des transporteurs français. Il va engendrer des surcoûts très importants pour ces derniers (plus de kilomètres, plus de carburant, des temps de conduite augmentés, prix des péages…) » Au-delà, la FNTR craint que cet arrêté favorise le développement des véhicules utilitaires légers (de moins de 7,5 Tonnes) non concernés par la restriction de circulation. Toutefois, ce risque pourrait être atténué, ces véhicules utilitaires légers de plus de 2,5 tonnes devant être équipés de chronotachygraphe intelligent à compter du 1er juillet 2026.
Un coût global supplémentaire de 6 millions d’euros par an pour les transporteurs français
« Un transporteur alsacien qui a un flux A/R quotidien entre l’Alsace et Rhône-Alpes sera impacté à hauteur de 17 000€ par an », estime Rodolphe Lanz. Son calcul prend en compte, au niveau journalier, la distance supplémentaire (30 km), le surcoût en carburant (de 14,40 à 16,80€), celui des péages (4,50€), le surcoût conducteur estimé 13,10€). Soit un surcoût total de l’ordre de 6 millions d’euros à raison de 700 PL/jour.
Par ailleurs, Rodolphe Lanz rappelle que les transporteurs routiers et les constructeurs de camions, notamment français, sont soucieux de la réduction de la pollution créée par le transport routier. Il estime ainsi à « 4 500 tonnes/an les surémissions de CO² engendrées par les kilomètres supplémentaires ».
Quid de l’autoroute reliant Poligny aux plateaux du Jura ?
Cette victoire des riverains de la RN 83 remet aussi en lumière un autre long serpent de mer jurassien : la création d’une 2×2 voie entre Poligny et Vallorbe. Le projet, enterré par Dominique Voynet lorsqu’elle était ministre de l’environnement (1997 – 2001) a été relancé par le conseil départemental du Jura en janvier 2025. « Un prolongement de l’autoroute jusqu’au Premier plateau « , selon les mots Gérôme Fassenet, président du Jura. Un axe routier présenté comme un atout économique et touristique pour désenclaver les plateaux du Doubs et du Jura, qui fait également débat au sein de la population. L’arrêté autour de la RN83 pourrait donc, par ricocher, peser dans la balance sur cet autre dossier.































