Besançon. Le Village d’enfants prend vie

Quatorze mois après la pose de la première pierre, les anciens haras de Besançon, propriété du département du Doubs, vont accueillir dès cet été une trentaine d’enfants encadrés par 40 professionnels de l’enfance, au sein de la Fondation « SOS Villages d’enfants ».

78
Christine Bouquin et Isabelle Moret
Christine Bouquin Présidente du Conseil départemental du Doubs et Isabelle Moret Directrice générale de la Fondation "SOS Villages d'enfants" ont présenté le 16 janvier 2026 l'état d'avancement des travaux sur le site qui accueillera 50 enfants dans quelques mois ©YQ

Christine Bouquin la présidente du Conseil départemental du Doubs et Isabelle Moret Directrice générale de la Fondation « SOS Villages d’enfants » étaient sur le site le 16 janvier pour constater l’avancement des travaux et s’assurer du respect du planning d’ouverture. Le département du Doubs, chef de fil en matière de protection de l’enfance, accueille les enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) par décision administrative ou judiciaire. Les enfants sont âgés de quelques mois jusqu’à des jeunes adultes (jusqu’à 21 ans).

L’objectif de la Fondation « SOS Villages d’enfants » est de permettre le regroupement de fratries dans un véritable cadre familial, sous l’autorité bienveillante d’un « père » ou d’une « mère »SOS. Le projet d’aménagement des anciens haras de Besançon « incarne un engagement fort du Département du Doubs en faveur de la protection de l’enfance. En garantissant des solutions d’accueil adaptées et respectueuses des besoins des enfants, le Département fait le choix de diversifier et d’amplifier durablement sa capacité d’accueil » a souligné Christine Bouquin.

Un patrimoine majestueux au service de la protection de l’enfance

Le partenariat entre le Département et SOS Villages d’enfants s’inscrit dans une démarche ambitieuse de réhabilitation patrimoniale, conciliant respect du site historique et un cadre de vie adapté aux besoins des enfants accueillis. Pour Isabelle Moret, Directrice générale de la Fondation SOS Villages d’enfants « Nous offrons aux enfants une cadre de vie stable, sécurisant et durable au cœur d’un quartier ouvert et de son histoire ».

La rénovation des haras de Besançon garde la valeur patrimoniale du lieu d’exception qui accueillera 50 enfants en fratries dans un « village d’enfants SOS ». Parquets en bois et cheminées ont été conservés ©YQ

En fin de rénovation et d’aménagement, le village disposera de 50 places d’accueil essentiellement réservées à des fratries. Ces « familles recomposées » seront encadrées par une quarantaine de professionnels de l’enfance (psychologues, éducateurs, professionnels de santé…)

Il comprendra neuf maisons familiales, chacune à taille humaine « comme une maison normale avec des chambres individuelles spacieuses, des espaces de vie, une maison ouverte où les enfants pourront aussi recevoir leurs camarades d’école ou de collège ».

Le site accueillera également un service d’accompagnement familial individualisé pour les situations d’accueil d’urgence, un espace de transition pour amener les jeunes adultes vers l’autonomie et une maison des familles dédiée au travail et au maintien du lien familial. Selon SOS Villages d’enfants, les fratries demeurent en moyenne 6 ans dans les villages.

« Nous ne nous sommes pas trompés »

« L’objectif était ambitieux et techniquement compliqué. Nous avons eu cette vision d’un village d’enfants dès 2022 après la visite d’un village d’enfants SOS » a assuré Christine Bouquin. L’Aide Sociale à l’Enfance est une mission essentielle du Département. La Présidente a rappelé que le partenariat avec la Fondation SOS concerne également un autre village en cours de construction à L’Isle-sur-le-Doubs, d’une même capacité de 50 places (dont l’ouverture est prévue début 2027).

Ces deux projets singuliers représentent un coût de fonctionnement de 9 millions d’euros par an pour le Département qui a également subventionné l’investissement à hauteur de 4 M€. Pour sa part, la Fondation SOS Villages d’enfants a investi 1,8 M€ en autofinancement et souscrit un emprunt auprès de la Banque des Territoires pour 5 millions d’euros. Le Département du Doubs demeure propriétaire du site et l’a confié à la Fondation via un bail emphytéotique. Les travaux sont réalisés à 90% par des entreprises locales.

Yves Quemeneur