Près de 2 400 chamois ont été tués dans le Doubs en cinq ans. Un chiffre que l’ASPAS Doubs brandit comme un signal d’alarme. L’Association de Protection des Animaux Sauvages (ASPAS), reconnue d’utilité publique, a demandé à plusieurs reprises à la Préfecture du Doubs l’arrêt de la chasse sur cette espèce emblématique du Doubs. À sa tête dans le département, Jean Chapuis, également photographe et peintre animalier, pour qui « le Vivant est une invitation permanente à la contemplation », alerte sur une situation qu’il juge critique : « les effectifs de chamois sont en baisse de près de 50 % depuis cinq ans. »
Des plans de chasses « démesurés »
Selon lui, le plan de chasse actuellement en vigueur est déconnecté de la réalité du terrain. Fixé à 401 chamois à abattre, dont la moitié de jeunes animaux, ce plan pour la saison 2025/2026 (qui se termine fin janvier) constitue pour l’association « un permis de tuer sans aucune légitimité écologique, pour le seule loisir ». L’ASPAS a d’ailleurs engagé un recours juridique contre ce plan.
« Chaque année, les propositions maximums d’abattage de l’administration sont largement supérieures aux animaux effectivement tués. » La saison passée (2024-2025), 594 animaux étaient prévus sur le plan initial de l’administration et 360 ont été effectivement tués. Si la Préfecture et la DDT (Direction Départementale des Territoires) diminuent progressivement ces jauges d’une année sur l’autre, ce n’est pas, selon lui, le signe d’une gestion plus prudente mais la conséquence : « C’est normal que ça baisse, il y en a de moins en moins. »
Un loisir « non légitime »
Pour l’ASPAS Doubs, le cœur du problème est ailleurs : « Ces animaux emblématiques de nos montagnes sont tués dans le cadre d’un plan dont la finalité est exclusivement récréative. Aucun dégât agricole ou forestier significatif de la part des chamois n’est constaté », affirme Jean Chapuis. L’association estime que l’argument de la régulation ne tient plus, le Doubs abritant déjà des prédateurs naturels comme le lynx et le loup pour les chamois et chevreuils du Doubs.
Le naturaliste pointe aussi : « Il n’est pas légitime que moins de 2 % de la population puisse tuer chaque année environ 20% des effectifs estimés de chamois. En 2026, ce n’est plus éthique. » À l’inverse, il cite l’exemple de territoires qui réintroduisent le chamois pour son intérêt touristique, comme en Ardèche où une trentaine de ces mammifères ont été lâchés dans le massif afin de recréer une population.
Réguler la chasse aux chevreuils
L’ASPAS élargit par ailleurs ses revendications pour les chevreuils du Doubs : 29 000 chevreuils ont été tués lors des 5 dernières années. Suppression de la chasse d’été du chevreuil (période de reproduction) dans le Doubs dès le 1er juin, arrêt de la chasse par temps de neige, fin de la chasse dans les réserves de faune sauvage et réduction de moitié des quotas pour les deux prochaines années. « Peu de gens sont au courant de la situation », regrette Jean Chapuis, qui rappelle que « Respecter et protéger la nature autour de nous c’est préserver notre avenir à tous. »
Contact : delegation25@aspas-nature.org






























