Besançon. Le concours d’éloquence fait brillamment son retour à l’Université

Porté par deux étudiants en master 1 de politiques publiques à l’Université Marie et Louis Pasteur, ce concours d’éloquence n’avait pas été organisé depuis quatre ans. Au total, 22 étudiants ont tenté leur chance pour ce retour. Les deux finalistes s’affrontaient ce jeudi 27 mars.

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Pendant près de trois mois, 22 candidats ont tenté leur chance. Photo DR

« Évaluer la capacité d’un candidat à mobiliser ses compétences oratoires pour laisser une trace pérenne dans l’esprit de son public ». Voilà comment l’École de l’Art oratoire, référence en la matière, définit un concours d’éloquence. Le rendez-vous organisé en quelques mois seulement par Cyprien Abraham et Mathis Chipeaux, deux étudiants en Droit à l’Université Marie et Louis Pasteur reprend les mêmes bases, « tout en offrant plus de liberté » souligne le premier. « Ce type de concours n’existait plus vraiment depuis quatre ans dans la région et pourtant, il y a de la demande ».

Deux formateurs mobilisés pour les candidats

Ils sont finalement 22 candidats à tenter leur chance. Seule condition pour participer : être étudiant. Le projet plaît, les partenaires suivent et très vite, le duo d’organisateurs construit un budget de 7000 €. « Nous avons mobilisé deux formateurs spécialisés pour donner près de 9 heures de formation en éloquence aux candidats. À l’issue des présélections, 16 d’entre eux ont été retenus pour les phases finales. Il y a eu une majorité d’étudiantes en droit mais aussi des historiens et scientifiques. Nous sommes très heureux d’avoir eu autant de monde pour une première », poursuit Cyprien Abraham, actuellement en master 1 politiques publiques, comme Mathis Chipeaux.

À chaque duel, les participants choisissent l’un des deux sujets avec un parti pris. « Les « pour » et les « contre », avant de se préparer pendant 48 heures pour prendre la parole pendant sept minutes. Nous avons cherché des sujets assez larges pour leur permettre de nous emmener où ils souhaitaient », enchaîne l’organisateur. Des thèmes comme l’utopie ou le complot sont abordés, d’autres questions comme « peut-on perdre son temps ? », sont posées.

Ce jeudi 27 mars, la grande finale se déroule dans l’amphithéâtre Fourier où 500 personnes peuvent venir assister à deux duels entre Caroline Cattenoz et Léonie Rio pour la « petite finale » puis Pauline Parisi face à Gabriel Charron pour connaître le ou la grande gagnante. Les deux premières s’affrontent sur une vaste question : suffira-t-il d’une étincelle ? « Elles peuvent totalement nous parler de musique comme de l’actualité géopolitique », sourit l’organisateur. « Nous voulions honorer les quatre derniers participants pour leur parcours ». La grande finale se concentre sur une question plus précise, certains diront plus clivante : la morale est-elle l’ennemie du progrès ? Face aux finalistes, le prestigieux jury chargé de voter pour le ou la gagnante symbolise aussi la réussite de l’événement. On retrouve des professeurs de l’Université comme Christophe Lang, directeur de l’UFR SJEPG, Christophe Brignot, professeur agrégé d’anglais mais aussi des élus comme Anthony Poulin, adjoint en charge des Finances à la Ville et suppléant de la députée de la 2èmecirconscription du Doubs, Dominique Voynet. Karima Rochdi, conseillère municipale et présidente de l’UDAF du Doubs, l’avocat Maître Laurent Mordefroy, l’écrivain Yves RAVEY, nommé au prix Goncourt 2022, Alain Troilo, 1er président de la Cour d’appel de Besançon ou encore Alexia Marquis, substitut du procureur auprès du tribunal judiciaire de Besançon, sont également annoncés.

Ce rendez-vous aura-t-il une suite ? « Peut-être », répondent les organisateurs. « Notre avenir dépend de nos études et notre parcours professionnel mais nous avons rédigé une sorte de cahier des charges pour laisser aux futurs étudiants de la Corpo la possibilité de reprendre la main ».

 M.S