« Stop nucléaire Besançon », explicite par le nom, utopique par les idées

Le 26 avril marquait le triste anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (1986). L’occasion de revenir brièvement sur quelques arguments autour du nucléaire : vaste débat divisant les Français.

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Le 11 mars dernier, pour le triste anniversaire de Fukushima (2011), ils installèrent des banderoles sur le pont Battant (Besançon). Crédit : Anthony Soares.

Annoncé par Emmanuel Macron en 2021, le plan d’investissement « France 2030 » vise à répondre aux défis de notre époque. Comme indiqué sur le site internet de l’Élysée, l’idée est de faire « émerger en France des réacteurs nucléaires de petite taille, innovants et avec une meilleure gestion des déchets. » Par conséquent, investir dans le nucléaire.

23 000 salariés dans la région

Même s’il n’y a pas de centrale en Bourgogne-Franche-Comté, les métiers autour du nucléaire sont divers et variés (exploitation, maintenance, fabrication de composants…). Publiée en début d’année, une étude de l’Insee Bourgogne-Franche-Comté s’y intéresse : « 270 établissements de la filière nucléaire emploient 23 000 salariés », dans la région (fin 2020). L’étude met notamment en avant que « Dans l’économie régionale, près d’un métier sur deux de la filière nucléaire est en tension fin 2021. »

La menace de guerre

Une annonce que les membres de l’association « Stop nucléaire Besançon » ne digèrent pas. Le 11 mars dernier, pour le triste anniversaire de Fukushima (2011), ils installèrent des banderoles sur le pont Battant (Besançon). « Tchernobyl Fukushima Zaporijjia, danger permanent », était-il possible de lire sur l’une d’elle.

« Zaporijjia, en Ukraine, est sous les bombes. Ça peut péter par accident », s’inquiète un des membres de l’association. « On multiplie les risques », ajoute une autre, avant de poursuivre ; « Qui peut me dire que la France n’aura pas de guerre sur son territoire dans les 50 ans à venir ? Et en cas d’effondrement économique ? Que dire d’une potentielle attaque terroriste ? », Des scénarios pessimistes dans contexte géopolitique toutefois risqué. « Je ne suis pas sûr qu’une guerre soit si improbable », surenchérit un membre de « Stop nucléaire Besançon ». L’association poursuit en évoquant le traitement des déchets nucléaires, notamment sur les déchets « à vie longue ».

Des membres de « Stop Nucléaire Besançon » montrant le journal de l’association. Crédit : Anthony Soares.

L’association l’assure, « tout le monde est conscient qu’on arrive au bout de quelque chose. Le choix du nucléaire pour la France, c’est le choix de ne pas changer de modèle de société ».  Une prise de position militante qui se heurte toutefois aux chiffres de l’Agence de sûreté du nucléaire (ASN). Dans son dernier sondage à la rentrée 2023, 46 % des Français étaient favorables au nucléaire, un niveau record contre 43% en 2021. La confiance varie beaucoup plus concernant le type d’installation et l’activité : entre 50 % et 63 % des Français sont satisfaits de la gestion des installations nucléaires, mais seulement entre 31 % et 38 % de la gestion des déchets.

Pour « Stop nucléaire Besançon », il conviendrait de définir un cap sans énergie nucléaire. Leurs solutions ? Plus de sobriété (consommer moins), plus d’efficacité (mieux isoler les logements par exemple) et plus d’énergies renouvelables (solaire, éolien…). Une idée encore utopique aujourd’hui.

A.S et M.S