Besançon. Un philosophe représentera la région à la finale de « Ma thèse en 180 secondes »

Le 29 mars, Bertrand Kaczmarek, docteur en philosophie, s’est qualifié à Paris lors de la demi-finale du concours « Ma thèse en 180 secondes ». Il représentera la Bourgogne Franche-Comté lors de la finale nationale à Nice, le 5 juin. Rencontre.

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Bertrand Kaczmarek défendant les couleurs de l'Université de Bourgogne Franche-Comté à Paris. © MT180 France Universités-CNRS, David PELL.

Après s’être qualifié en finale régionale à Besançon, ce père de famille de quarante-sept ans a représenté l’Université de Bourgogne Franche-Comté à Paris. Pour la finale nationale, à Nice, seize participants défendront leurs travaux. S’il remporte le prix du jury, il représentera alors la France lors de la finale internationale à Abidjan, en Côte d’Ivoire. En attendant, son travail pourrait bien faire évoluer le regard de notre société sur les prisons.

 

Rendre accessible une thèse

Ancien directeur adjoint de prisons, Bertrand Kaczmarek est professeur de philosophie dans le sud de la France. En janvier 2024, il a soutenu à Dijon sa thèse intitulée « Le mythe de la neutralité carcérale. Éléments pour une culture pénitentiaire. » Le sujet peut paraître flou, mais tout l’enjeu du concours « Ma thèse en 180 secondes » est de le vulgariser en trois minutes. Un concours organisé par le CNRS et France Universités. « L’idée était de rendre accessible le questionnement de la prison. Le concours était idéal », confie Bertrand Kaczmarek.

 

Changer de modèle

Pour lui, « la prison est un lieu d’oisiveté et de crainte. À mon avis, c’est ça qui est principalement destructeur. On en finit jamais d’incarcérer de plus en plus. Au 1er février, il y avait 76 258 personnes incarcérées, pour 61 137 places. » En parallèle, lorsqu’une personne est emprisonnée, elle l’est en fonction du modèle de la dette (pour rééquilibrer la balance). « Cette idée est une impasse. Il faudrait aller vers un modèle du don. Il faut rendre les gens davantage capables. » Ainsi, pour lui, il faudrait être condamné à faire quelque chose qui prendrait le temps de la condamnation actuelle (apprendre à lire par exemple).

 

Un texte de loi ?

Avec son travail, il aimerait « aboutir à une proposition de loi visant à condamner à faire quelque chose. Il faut améliorer la prison telle qu’elle est pour qu’on n’y revienne plus ! », estime-t-il.

Portée par l’Université de Bourgogne Franche-Comté, une formation a justement été construite à destination des surveillants et des travailleurs sociaux, mais aussi pour toutes les personnes intéressées par ces questions.

Possibilité de voir sa prestation sur la chaîne YouTube de l’Université de Bourgogne Franche-Comté. Promis, vous comprendrez tout !