Municipales 2026 : Après l’ère Genre, le « renouveau » de Patrick Comte

Près de 30 ans après l’arrivée de Patrick Genre à la mairie, Patrick Comte (divers centre) avait misé sur « un renouveau ». Un parti-pris qui a porté ses fruits puisque sa liste “De l’ambition pour Pontarlier” a remporté les élections municipales avec 48,21% des suffrages exprimés. Une victoire nette dans cette quadrangulaire qui l’opposait à Bénédicte Hérard (divers droite), Bertrand Guinchard (divers droite) et Cédric Laithier (LFI).

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Patrick Comte remporte les municipales à Pontarlier ©Cassandra Tempesta

Ce dimanche 22 mars, à l’annonce des résultats, les applaudissements résonnent dans la salle Toussaint Louverture du théâtre Bernard Blier. Patrick Comte rend les poignées de mains, répond aux mots de félicitations et affiche un sourire, presque timide. Lui qui est assez novice en politique aura créé la surprise lors de ces élections municipales dans la capitale du Haut-Doubs. L’ancien dirigeant de Boucard TP disputait sa deuxième élection à 67 ans, après s’être présenté sous l’étiquette macroniste aux élections départementales de 2021 sur le canton de Pontarlier, aux côtés d’Agathe Henriet, aujourd’hui numéro deux de sa liste municipale “De l’ambition pour Pontarlier”.

Avec 48,21% des suffrages exprimés, celui qui représentait le « renouveau » remporte largement ces élections municipales. « C’est une immense fierté et une grande joie pour mon équipe. On a fourni vraiment des efforts et je suis content que le maximum soit récompensé avec le beau score qu’on a fait. Je sens aussi la lourde responsabilité qu’est devenue la mienne ». Celui qui ne se « destinait pas à être maire il y a quelques années » dans la ville où il a grandi, succède à l’emblématique Patrick Genre et ses 30 années de vie d’élu. Pour lui, ce score est « un vrai désir de renouveau, un nouveau printemps ».

12 points supplémentaires par rapport au premier tour 

Déjà au premier tour, Patrick Comte était arrivé en tête avec 35,64% des suffrages exprimés, devançant Bénédicte Hérard (27,62%), Bertrand Guinchard (24,09%) et Cédric Laithier (12,65%). Des résultats laissant la possibilité aux quatre candidats de se maintenir pour le second tour. Aucun n’a souhaité se retirer, offrant une quadrangulaire aux électeurs. Pour autant, cela n’aura pas suffi à les attirer davantage dans les bureaux de vote, puisque le taux de participation pour ce second tour s’élève à 48,95% contre 47,52% lors du premier tour. Si on pouvait penser que Patrick Comte (divers centre), Bénédicte Hérard (divers droite), Bertrand Guinchard (divers droite) et Cédric Laithier (LFI) allaient maintenir leurs scores respectifs obtenus le dimanche 15 mars, c’est un tout autre scénario qui s’est produit ce dimanche 22 mars, puisque Patrick Comte a récupéré 12 points supplémentaires, lui offrant une victoire très nette par rapport à ses concurrents (48,21%, contre 25,44% pour Bénédicte Hérard, 17,77% pour Bertrand Guinchard et 8,58% pour Cédric Laithier).

« C’est ce qui va faciliter notre tâche, avec toutes les associations, les entreprises, les habitants. On avait besoin de ce score pour pouvoir agir rapidement. Je pense qu’il n’y aura pas d’opposition, notre seul but est de faire avancer Pontarlier », a réagi le nouveau maire de Pontarlier. C’est aussi ce qu’espère Patrick Genre, qui laisse désormais sa place à son successeur après trois décennies de mandat. « J’espère que les quatre listes au sein du conseil municipal arriveront à travailler pour le bien de l’intérêt général, le bien de la Ville ». Le maire sortant sera à la « disposition, les premiers jours » de Patrick Comte. « Je pense qu’il est important qu’il connaisse un certain nombre de dossiers. On va prendre contact très vite ». De son côté, Patrick Comte, le nouveau premier édile de la capitale du Haut-Doubs a, avec son équipe, « identifié plein de choses à améliorer rapidement pour le bien des Pontissaliens. On va lancer la modification des ronds-points, essayer la suppression du feu du Pélican, lancer le permis de démolir de la Maison Chevalier, voir où mettre le futur gymnase… Il y a une tonne de choses à faire ».

Patrick Genre se mettra « à la disposition, les premiers jours » de Patrick Comte ©Cassandra Tempesta

Une abstention déplorée par tous

Ces élections municipales à Pontarlier étaient assez historiques. D’une part par le retrait de Patrick Genre, d’autre part par la quadrangulaire, jusqu’au second tour. Et si les candidats confiaient que les électeurs semblaient s’intéresser et se satisfaire d’un tel débat, cela ne s’est pas retranscrit dans les urnes, avec moins de 50% de participation sur les deux tours. « C’est un vrai problème pour l’avenir et pour l’expression démocratique. Après, le vote il est là, il est franc », a réagi le maire sortant à l’issue du second tour. Un regret partagé par tous les candidats, peut-être le seul point commun après des divergences et des attaques lors de la campagne et l’entre-deux tours.

Bénédicte Hérard conserve sa deuxième place

La candidate de la liste “Pontarlier en actes” conserve sa deuxième place avec 25,44% des suffrages exprimés, soit une baisse de 2 points par rapport au premier tour. Malgré tout, cela reste « une fierté. Je suis très heureuse d’avoir gardé le cap. Je salue la victoire de Patrick Comte, et remercie les collègues ». Dans l’entre-deux tours, la candidate avait souligné le fait  qu’elle se serait retirée si elle était arrivée en troisième position. Un choix qui n’a pas été partagé, puisque les quatre listes se sont maintenues. Si plus de 400 voix la séparait de Patrick Comte lors du premier tour, Bénédicte Hérard continuait de croire en la victoire. « On y croit toujours, je n’ai pas de regret, enfin peut-être un seul, celui de l’abstention (48,95%, ndlr). Je regrette aussi d’avoir eu autant de choses peu élégantes dans cette fin de campagne qui n’ont rien apporté au débat ». Sa liste siégera au conseil municipal, dans la minorité. « Nous travaillerons sur les dossiers, voterons les bons choix, rejeterons les mauvais. On saura être une minorité et une opposition. Il y a sans doute des sujets de dissension et d’autres sur lesquels on pourra se retrouver ».

Bénédicte Hérard se dit « fière d’avoir maintenu le cap » ©Cassandra Tempesta

Lourde défaite pour Bertrand Guinchard

Arrivé troisième au premier tour avec 24,09 % des voix, Bertrand Guinchard s’est cette fois-ci plus lourdement incliné, ne récoltant que 17,7 % des suffrages. Un second tour difficile pour le candidat de droite, qui a perdu plus de six points entre les deux tours, malgré un taux de participation équivalent. Alors comment expliquer une telle chute dans les suffrages ? Pour le candidat battu, « le troisième paye très souvent le report des voix », avant d’ajouter n’avoir « aucun regret de s’être maintenu au second tour ». « Nous avons porté notre projet jusqu’au bout, c’était ce que nous voulions », a-t-il déclaré, admettant au passage que « le résultat n’avait plus vraiment d’importance pour sa liste ». Bertrand Guinchard balaie également les critiques concernant son maintien, alors qu’une alliance avec Bénédicte Hérard, également adjointe sortante et arrivée en deuxième position, aurait pu être envisageable. Quant à un éventuel désaveu pour Patrick Genre, maire sortant de Pontarlier après plus de trente ans à la tête de la ville, dont il était adjoint à l’Économie, il élude la question : « On ne peut pas parler de désaveu. Les Pontissaliens doivent surtout le remercier pour tout ce qu’il a apporté à la ville pendant toutes ces années ».

Bertrand Guinchard accepte sa défaite et se dit prêt à « mettre son expérience municipale à disposition de l’équipe de Patrick Comte ». ©Pauline Graf

Interrogé sur son avenir au sein du conseil municipal, Bertrand Guinchard s’est montré sans ambiguïté : « Je serai bien évidemment présent au conseil municipal, dans la minorité. Mais je ne serai pas une opposition à Patrick Comte, que j’apprécie. Les attaques personnelles sont terminées, la campagne électorale aussi. Les gens ont fait leur choix, il faut l’accepter et commencer à construire ». Au-delà de cette volonté d’apaisement, l’ancien candidat semble même prêt à se mettre au service du nouveau maire : « Je me mettrai à disposition de l’équipe de Patrick Comte s’il souhaite se servir de mon expérience municipale »

Déception à gauche 

La soirée a également été difficile pour Cédric Laithier, candidat de « La Gauche Pontissalienne » (regroupant La France insoumise, le Parti communiste et les écologistes). Crédité de 12,65 % au premier tour, il s’est effondré au second, ne recueillant plus que 8,58 % des voix. Il n’a visiblement pas réussi à convaincre les électeurs de la gauche modérée, dont une partie semble s’être reportée sur le candidat du centre, Patrick Comte. Il l’a lui-même reconnu : « Ce soir, une grande partie des gens de gauche a voté pour Patrick Comte. Mais sont-ils réellement de gauche sachant que Patrick Comte est un macroniste ? », s’est-il interrogé. Le candidat a également déploré le faible taux de participation : « Il n’y a même pas un électeur sur deux qui s’est déplacé lors de ce second tour, alors que quatre listes s’affrontaient », a-t-il constaté. Reconnaissant sans ambiguïté la victoire de Patrick Comte, il a souligné : « Il va avoir une grande responsabilité et il va falloir qu’il l’assume ». Seule personne de sa liste à siéger au conseil municipal, Cédric Laithier a réaffirmé sa volonté de « continuer à se battre en incarnant l’opposition », tout en veillant « à ce que le nouveau maire respecte ses engagements ».

Cédric Laithier concède n’avoir pas « réussi à rassembler la gauche et à créer une véritable dynamique d’union » ©Pauline Graf

Concernant le résultat global de la gauche à Pontarlier, qui semble être l’un des plus bas jamais enregistrés lors d’une élection municipale, le candidat ne cache pas sa part de responsabilité : « Aujourd’hui, nous n’avons pas réussi à rassembler la gauche et à créer une véritable dynamique d’union », et ce, malgré des appels lancés à voter “La Gauche Pontissalienne”, notamment par le secrétaire de la section du parti socialiste de Pontarlier, Gérard Guinot, sur Facebook, qui a aussi rappelé que les listes “Haut-Doubs Citoyen, Écologique et Solidaire” et “La Gauche Pontissalienne” n’étaient pas parvenues à s’entendre pour ne faire qu’une.

P.G et C.T