Doubs. Les villages de l’avenir

Quinze communes du Doubs sont lauréates de la première vague de l’opération Villages d’Avenir. Un programme initié par l’État pour accompagner ces territoires jusqu’en 2026 dans leur développement.

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Parmi les quinze communes retenues pour ce programme Villages d'Avenir, le Val d'osiers ou ici Mouthe bénéficieront de l'aide d'un ingénieur pour amorcer de nouveaux projets Photo DR.

Quand on est élu d’une petite commune, difficile de s’y retrouver face au nombre de strates administratives et leviers économiques disponibles pour élaborer un ou des projets pourtant cruciaux à la vie du village. L’État souhaite répondre à cette problématique avec son programme Villages d’Avenir, dont la première vague comporte quinze communes du Doubs. Convoqués en début d’année à la préfecture du Doubs, les différents maires ont obtenu quelques précisions supplémentaires concernant ce programme.

Des projets pour suivre l’évolution démographique

Surtout, ils ont pu rencontrer le fonctionnaire d’État qui aura la conséquente charge d’accompagner chaque village dans la réalisation d’un projet. « S’ils avaient pu être deux, ça n’aurait pas été de trop », sourit Valérie Pagnot, édile de Bonnétage. Pendant deux ans et demi, la commune installée sur la bande frontalière va pouvoir accélérer la transition énergétique de son territoire et ses bâtiments. « On a besoin de cet ingénieur pour développer toutes les possibilités de financement mais aussi pour approfondir les études de notre rénovation thermique. Ce sont des sujets tellement costauds que très souvent on ne peut en faire qu’un seul à la fois. Chez nous la démographie explose et notre dernier lotissement date d’il y a 15 ans. Beaucoup de bâtiments doivent être rénovés, en particulier l’école. On cherche aussi à développer un réseau de chaleur. », poursuit l’édile de Bonnétage, village qui a dépassé la barre des 1000 habitants en 2023. Une croissance exponentielle (Ils étaient environ 650 habitants au début du siècle, ndlr) à laquelle il faut répondre « sans faire n’importe quoi », assure Valérie Pagnot. « On construit avec une réflexion sur 30 à 40 ans ».

La bande frontalière n’est pas le seul secteur avec des prévisions démographiques en hausse sur les prochaines décennies. Unique commune du Grand Besançon à avoir été retenue dans cette première liste, Devecey réfléchit à une plus grande échelle pour sa voirie. « Notre commune est un accès à Besançon très emprunté par les habitants des villages comme Bonnay, Vieilley, Venise, Moncey ou encore Palise, sans compter ceux de Haute-Saône. Ils ont des projets d’urbanisme donc d’habitants supplémentaires et nous allons nous retrouver avec une densité de véhicules énorme. Voilà sur quoi nous voudrions axer cette aide », confie Gérard Monnien, maire develçois. La liste des projets urgents reste longue pour la commune longtemps empêtrée dans des conflits politiques locaux. Outre le sujet de la voirie, la sauvegarde de la salle des fêtes, le réaménagement du centre du village avec une nouvelle maison médicale ou encore l’installation d’une maison France Services sont autant de sujets qui vont animer le prochain mandat. « Cette maison develçoise doit devenir essentielle à l’intercommunalité. Cette aide du programme Villages d’Avenir servira à l’un de ces deux dossiers. De notre côté nous travaillons sur tous les projets cités pour qu’ils puissent être menés par la prochaine équipe municipale, en 2026. »

Les salles polyvalentes, poumon essentiel des petites communes

Installée à quelques kilomètres de la RN57, la commune de Naisey-les-Granges veut retrouver des commerces et récréer du lien social au cœur de son village à l’aide d’un projet « deux en un ». « Nous avons hérité d’une salle qui n’est plus aux normes aujourd’hui pour accueillir les associations et des événements. Donc nous avons engagé la construction d’une nouvelle en sortie de village, plus vertueuse pour l’environnement et qui répond l’utilisation souhaitée. L’ingénierie du programme Villages d’Avenir doit nous aider à monter un plan pour cette ancienne salle, où l’on aimerait bien retrouver un bar, un commerce, une épicerie. Depuis la crise sanitaire, nous n’avons plus rien »,commente Jacky Morel, maire de Naisey-les-Granges. Une aide qui permettrait aussi de trouver des financements complémentaires, alors que la construction du nouveau bâtiment s’élève à 1,5 million d’€ HT. Deux projets complémentaires pour conserver un lien social de plus en plus rare au sein des communes de moins de 3500 habitants. Un constat similaire fait par le Val d’Usiers (ex Bians-les-Usiers, Goux-les-Usiers et Sombacour), commune nouvelle également retenue dans ce programme qui compte bien construire une grande salle polyvalente à quelques pas de la récente caserne des pompiers.  « On vient d’acheter le terrain, c’est une grosse avancée. L’ingénieur du programme Villages d’Avenir arrive au bon moment parce qu’avec la fusion, nos employés ont beaucoup de travail et moins de temps pour se consacrer au montage de futurs projets. Il va aussi nous aider à trouver des financements supplémentaires pour la rénovation de la mairie ou autre. », confie le maire Aurélien Dornier.

Parmi les autres communes sélectionnées dans le Département, on retrouve également Amancey, Blamont, Charquemont, Chay, Colombier-Fontaine, Geney, La Longeville, Les Premiers Sapins, Mouthe, Rang et Sancey. Toutes bénéficieront de cette aide pour une durée de 18 mois à trois ans. Sur la totalité des villages français lauréats, plus de 1200 projets concernent une réhabilitation de bâtiment ou l’aménagement d’espaces. Derrière, trois autres thèmes de projets dépassent les 500 dossiers : services et commerces de proximité, la transition écologique & sauvegarde de la biodiversité et la transition énergétique. Preuve qu’au niveau local, l’envie de répondre aux enjeux climatiques ne manque pas contrairement aux moyens.

M.S