
L’engagement d’un chef d’entreprise s’arrête-t-il à la porte de sa boîte ? C’était le thème principal développé par Jérôme Fourquet. Son propos s’appuyait notamment sur une enquête d’opinion auprès des Français, réalisée en janvier 2026. Une enquête qui peut « redonner de l’optimisme pour l’avenir de notre économie et plus largement notre pays » a entamé Jérôme Fourquet.
Jérôme Fourquet, un analyste reconnu
Il est un spécialiste des études d’opinion depuis plus de 25 ans. Sa capacité d’analyse des enjeux politiques en lien avec les sujets économiques et sociaux, son expertise sur les mutations de la société et des territoires étaient particulièrement attendues en Franche-Comté, terre historiquement solidaire mais en proie à des bouleversements économiques importants.
Connu du grand public pour « L’Archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée » paru en 2019, Jérôme Fourquet a récemment publié un essai co-écrit avec le psychanalyste Ruben Rabinovitch « Homo occidentalis, que sommes-nous devenus ? ». Les deux auteurs mettent en avant la perte de sens qui touche une part importante de la population et particulièrement les jeunes générations. Appliquée à l’économie, cette perte de sens conduit 2/3 des actifs à estimer l’absurdité de leur travail. Et pour près d’un salarié sur deux, que la vision du chef d’entreprise est un critère d’adhésion ou de démission important.
Quelle place a le chef d’entreprise dans la vie nationale et locale ?
L’étude est relativement optimiste. « Elle fait apparaître en effet une convergence d’opinion sur l’économie entre les chefs d’entreprises et la population » souligne Jérôme Fourquet.
– 70% des Français estiment que les gouvernements successifs ne comprennent pas les difficultés des entreprises
Plus on s’éloigne de la réalité du terrain, plus la déconnexion est grande. Le point de vue des chefs d’entreprises est ainsi pris en compte par près de la moitié (48%) des élus locaux, par seulement 39% des médias nationaux, et par moins d’un tiers des élus nationaux (31%) et du gouvernement (30%).
– 86% des Français pensent qu’il y a trop de normes
La population, elle-même confrontée à l’accumulation des normes, comprend la demande pressante du monde économique vers plus de simplifications administratives et réglementaires. Jérôme Fourquet prend deux exemples concrets « On peut admettre que le second quinquennat d’Emmanuel Macron a été marqué par deux réussites : celle des JO 2024 à Paris et la restauration en un temps record de Notre Dame de Paris. Dans les deux cas, l’État s’est exonéré des règles par une loi d’exception, démontrant ainsi que l’efficacité passe par la simplification de l’organisation du pays ».
– Les impôts sont trop élevés pour 80% des Français
Ils considèrent également à 71% que les aides octroyées aux entreprises sont le résultat d’une fiscalité trop importante mais demeurent soucieux (à 72%) que ces aides soient conditionnées à des obligations. Pour autant, Jérôme Fourquet relativise en soulignant que « la population fait la différence entre les très grandes entreprises (CAC 40) et les ETI, PME et TPE familiales ».
– Une prise de conscience de l’importance des entreprises
75% des Français pensent qu’il faut mieux écouter les entrepreneurs. Ils sont même 58% à estimer qu’un chef d’entreprise ferait un bon président de la République.
L’étude de l’IFOP identifie le chef d’entreprise comme une force vive de son territoire, un soutien souvent très actif aux associations culturelles et sportives sans que cela s’intègre dans une démarche marketing ou d’intérêt fiscal.
L’ascenseur social de la création d’entreprise
Pour Jérôme Fourquet, l’ensemble des études démontre un blocage de l’ascenseur social. C’est vrai notamment pour l’accession à la propriété. « Le nombre de propriétaires reste bloqué depuis 30 ans autour de 55 à 57% alors que 88% des Français souhaitent accéder à la propriété ». Une situation qui incite de plus en plus de personnes à faire le pas de la création d’entreprise, à leurs yeux, un rare ascenseur social qui reste accessible. 91% des entreprises de 0 à 19 salariés ont été créées par leur fondateur.




























