Les candidats aux élections municipales de 2026 entrent dans leurs dernières semaines de campagne et la tension monte encore d’un cran. Ce qui dérive parfois et malheureusement sur des actes malveillants. La maire sortante de Besançon, Anne Vignot, et son équipe « Besançon vivante, juste et humaine » en ont fait les frais le vendredi 30 janvier. Au petit matin, militants et Bisontins ont découvert la façade de la permanence recouverte de tags tels que « Plus jamais PS » ou encore les initiales « PS » (pour Parti socialiste, ndlr), barrées d’une croix noire, comme pour manifester le refus d’une alliance récemment actée avec le parti à la rose. Au-delà de cet acte stupide, ce sont surtout les réactions du monde politique local qui en disent long. Les proches de la candidate écologiste ont d’abord condamné cette dégradation, à l’instar du président de la région Bourgogne-Franche-Comté, Jérôme Durain (PS). Du côté de ses adversaires, le candidat Horizons Éric Delabrousse, malgré une opposition totale sur le plan idéologique, a publiquement condamné « avec la plus grande fermeté ce vandalisme ». Un message conclu par un subtil jeu de mots autour de sa liste « Besançon mérite mieux » : « la démocratie mérite mieux. Et Besançon aussi. Avec un débat digne, respectueux et tourné vers l’avenir de notre ville ».
Certain d’être le meilleur représentant de la droite pour battre Anne Vignot lors de ces élections, Ludovic Fagaut (LR, Ensemble Besançon Avance) a réagi plus tard par un communiqué de presse adressé uniquement aux médias, prenant soin de ne pas évoquer le nom de la maire sortante. « L’équipe Ensemble Besançon Avance condamne l’acte de vandalisme commis à l’encontre de la permanence de campagne d’une candidate ». Dans sa réaction, le candidat en profite même pour tacler la municipalité en place : « […] l’absence de dispositifs de vidéoprotection sur certains secteurs, malgré nos demandes répétées, constitue une faiblesse que la municipalité actuelle refuse encore de corriger ».
Plus étonnant encore, le message de Sévérine Veziès, tête de liste insoumise, qui, avant de condamner la dégradation, assure « comprendre la colère légitime des citoyennes et citoyens qui, depuis des mois, constatent les renoncements d’un Parti socialiste qui s’est allié à la macronie en refusant de voter la censure ». Ce n’est qu’après cette critique, faisant écho au message des tags, que la candidate estime « que le débat politique ne doit pas passer par la dégradation de la permanence d’une candidate ». Un soutien pour le moins léger de la part d’une potentielle alliée au second tour. Le candidat du Rassemblement national (RN), Jacques Ricciardetti, va encore plus loin en affirmant que cette dégradation serait « la patte de l’extrême gauche ! Ennemis d’aujourd’hui et amis de demain… ». Si une plainte a été déposée par Anne Vignot afin de retrouver les responsables, cet acte de vandalisme aura au moins eu le mérite de révéler, parmi les candidats, lesquels disposent déjà du respect, de la classe et, d’une certaine manière de l’étoffe nécessaire pour revêtir le futur costume de maire de la capitale franc-comtoise en mars prochain.































