Immobilier : dans le Doubs, les ventes baissent, pas les prix…

La chambre interdépartementale des notaires de Franche-Comté a dressé le bilan 2023 des prix de l’immobilier en Franche-Comté. Si les prix de vente ont légèrement augmenté, notamment sur l’ancien, le volume a chuté de 11% au second trimestre dans le Doubs, département qui s’en sort le mieux en Franche-Comté.

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Le centre-ville de Besançon. © Sabine Jacquot-Boileau.

La baisse des prix de l’immobilier ces derniers mois n’a pas compensé la hausse du printemps 2023, d’après les notaires de Franche-Comté. « Du début d’année jusqu’à la fin septembre 2023, le prix au m2 médian des appartements anciens progresse de +1,8% sur l’année, à 1 670 €/m2. Dans le même temps, le prix de vente médian des maisons anciennes s’établit à 165 000 €, en hausse de +3,8%. », note le rapport. Au niveau départemental, l’augmentation des prix sur le marché en 2023 oscille entre +1,1% et +6,5% sauf sur le marché collectif ancien du Territoire de Belfort (-4,2%).

DR/Capture d’écran Rapport 2023 de la chambre interdépartementale des notaires de Franche-Comté.

Près de la moitié des ventes d’appartements à Besançon

Dans le Doubs, le prix au m2 médian pour les appartements anciens passe à 1990 € (+1,7%), un record sur la décennie. Toutefois, après quatre années de hausses successives, cette dernière est plus faible et laisse penser que ce marché tend à se stabiliser. Cette désinflation est encore plus marquée à Besançon avec une augmentation de seulement +0,6% pour un prix médian de 2120 €/m2. La cité comtoise représente presque la moitié des ventes d’appartements anciens dans le Doubs. Plus précisément, le quartier bisontin connaissant la plus forte hausse est celui de Saint-Ferjeux – Rosemont (+9,0%), une exception par rapport aux autres secteurs.

DR/Capture d’écran Rapport 2023 de la chambre interdépartementale des notaires de Franche-Comté.

Le Haut-Doubs fait une nouvelle fois figure d’exception avec des évolutions disparates. À Pontarlier et Morteau, la hausse du prix médian sur les appartements anciens ne faiblit pas avec un prix au m2 similaire de 2580€. Le secteur plus touristique du Mont d’Or et Lacs reste le plus cher avec une hausse plus modérée en 2023 (4,8%, 2870€/m2). À l’inverse, le plateau de Maîche a connu une forte chute de 12,1 points !

Pour les maisons anciennes, les évolutions sont similaires. À Besançon, les prix restent les mêmes (-0,4%) comme en périphérie (230 000 €, prix médian). Dans le Haut-Doubs, la hausse ralentit avec un prix médian de 345 000 € (+5,5%), similaire à celle du secteur de Morteau (326 000 €) et du secteur Mont d’Or et Lacs (315 000€, +3,1%). Les récentes obligations écologiques sont considérées comme des contraintes par certains propriétaires notamment de résidence secondaire qui pourraient se libérer plus facilement de leur bien, provoquant une baisse des prix à venir.

Côté acquéreurs, dans notre département ils ont pour la majorité entre 30 et 39 ans (28%) travaillant dans une profession intermédiaire (31%). Plus étonnant peut-être, 32% des biens vendus dans le Doubs sont détenus moins de 5 ans.

DR/Capture d’écran Rapport 2023 de la chambre interdépartementale des notaires de Franche-Comté.

 

Le mot de Jean-Fabien Mogé,
président de la Chambre interdépartementale des notaires de Franche-Comté́.

Une baisse des prix en trompe l’œil…

 » Fin mai, l’amorçage de la baisse des prix était initié… pour constater une hausse à fin août ? Deux explications à cet imbroglio. La première résulte de l’orientation du marché́. Il est constaté́ un fort ralentissement de l’investissement dans le neuf, qu’il s’agisse d’investissement dans l’habitat collectif ou qu’il s’agisse de la construction de maisons individuelles. Il y a donc eu un recentrage sur l’ancien. Le besoin de logements étant une réalité́ incontestée, l’ancien a la part belle, en dépit de contraintes énergétiques, que les banques parviennent à financer à des conditions avantageuses. La baisse des volumes et la rareté́ des biens assurent en moyenne un maintien des prix dans l’ancien (appartements et maisons), mais c’est une constatation à corriger.  La seconde résulte de l’analyse économique. En premier lieu, la hausse des prix a perduré jusqu’à la fin du printemps. La baisse du second semestre n’emporte pas une moyenne négative sur un an. En second lieu, l’importance de l’inflation a pour effet de conclure à une baisse des prix. Dans le Doubs, si l’on considère une inflation nationale à +3%, une hausse de +1,8% des prix des appartements dans l’ancien ne compense pas la perte de valeur du bien. Pour les maisons anciennes, la hausse est de +3,8%, donc un delta légèrement positif. Le marché́ immobilier résiste plutôt bien dans notre région. D’autres régions connaissent des variations beaucoup plus importantes, compensant une hausse débridée. La stabilisation des taux bancaires et le contrôle de l’inflation devraient permettre le déblocage des investissements. »