Économie. Le chômage atteint 7,4% dans la région au 2ème trimestre 2026

L’INSEE Bourgogne Franche-Comté, en partenariat avec les URSSAF de Bourgogne et de Franche-Comté et la DREETS, a publié le 29 septembre une note de conjoncture sur l’économie régionale au 2e trimestre 2026.

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Pourquoi le marché du travail se dégrade-t-il ?

Selon l’INSEE, l’activité économique a encore ralenti au deuxième trimestre en Bourgogne Franche-Comté, suivant la dégradation d’une économie française sans croissance, depuis près de deux ans. Elle a affecté nettement l’emploi salarié au printemps.

Tous les secteurs d’activité sont concernés, à l’exception des services non marchands, stables grâce à la hausse des emplois en santé.

La construction et l’immobilier atteignent un nouveau point bas depuis la crise sanitaire et les services marchands voient leurs effectifs baisser légèrement. L’emploi industriel, important dans la région, s’érode toujours davantage, souligne l’INSEE.

Vigilance orange sur la croissance

Christine Chambaz, Directrice régionale de l’INSEE Bourgogne Franche-Comté, ne craint pas d’utiliser des termes météorologiques pour s’inquiéter de l’avenir économique. Elle parle de « vigilance orange sur la croissance » liée au contexte international, à la montée de l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat.

La vigueur de l’économie mondiale déjoue les pronostics

L’analyse du contexte international fait apparaître une progression des échanges mondiaux boostée par l’IA au premier trimestre 2026. A contrario, le conflit iranien et celui en Ukraine font flamber les prix de l’énergie. Globalement, l’économie européenne a mieux résisté que prévu sur le premier semestre 2026. Les différentes enquêtes de conjoncture notent une bonne résistance des économies américaine et européenne.

L’économie française fait pâle figure

Les analystes de l’INSEE prévoient une croissance trois fois moindre que nos voisins de la zone Euro. Les épisodes caniculaires ont impacté la production agricole et la période électorale des municipales a entraîné un retournement de l’activité dans les travaux publics. Chômage en hausse et salaires peu dynamiques contribuent également à une baisse de la consommation des ménages, associés à une inflation prévue à 2,9% par l’INSEE. Le pouvoir d’achat continuera de reculer en 2026.

L’emploi s’est replié au 2e trimestre 2026 en BFC

On comptait 984 700 emplois salariés fin juin, soit 7 700 emplois en moins sur un an (-0,8%). Dans une région historiquement industrielle, les emplois dans l’industrie ne représentent plus que 165 000 salariés alors que les services marchands (y compris l’intérim) pèsent pour 270 500 emplois et ceux des services non marchands comptent 352 600 emplois, ces deux secteurs concentrant 60% de l’emploi salarié dans la région.

Tous les départements perdent des emplois

Le Doubs est le second département le plus pourvoyeur d’emplois dans la région (196 400 emplois contre 223 300 en Côte d’Or). Au 2e trimestre, le Doubs et le Territoire de Belfort connaissent une baisse moins importante (-0,1%). Mais sur un an, l’emploi salarié recule de 0,5% dans le Doubs et la Côte d’Or pendant que le Jura enregistre une baisse importante de 1,7%.

Conséquence de la perte d’emploi, le taux de chômage progresse également dans tous les départements. Il atteint 9,9% dans le Territoire de Belfort, 8,1% dans le Doubs et dans l’Yonne. C’est le Jura et la Côte d’Or qui comptabilisent le plus faible taux, respectivement 6,1% et 6,6%.

La situation des entreprises continue à se dégrader

Elle affecte plus l’emploi que la trésorerie des entreprises. Le niveau de défaillances reste élevé, entraînant une augmentation des emplois menacés. Les demandes de délais de paiement auprès de l’Urssaf sont en hausse mais pour des montants moins importants.

À l’aube du 4e trimestre 2026, la situation pourrait encore se détériorer. La France entre dans une période électorale nationale très hypothétique. Les différentes offres politiques devront prendre en compte le fait que la rentabilité des entreprises est le facteur essentiel de la croissance (investissements, exportations, consommation).

Sans parler du danger plus sournois de l’augmentation au 1er octobre du taux des OAT (Obligation Assimilable du Trésor) qui vient d’atteindre 4,92%, le taux le plus élevé depuis 24 ans.  Le coût des intérêts de la dette de toutes les administrations publiques devrait frôler 90 milliards d’euros en 2027, soit l’équivalent du budget de l’Éducation nationale. En 2030, la charge des intérêts de la dette atteindrait 124 milliards d’euros. Celles et ceux qui prétendent diriger notre pays en 2027 ne pourront pas faire l’impasse sur une baisse drastique des dépenses publiques, passage obligé pour retrouver croissance et emploi.

Yves Quemeneur