Le nouveau patron du CHU Minjoz aux commandes de 7 200 professionnels de santé

Thierry Gamond-Rius a eu le temps de prendre ses marques. Six mois après son arrivée à Besançon, il a fait le point de la situation sanitaire en cours et des investissements programmés sur le site de Minjoz.

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Thierry Gamond-Rius, le nouveau directeur général du CHU Jean Minjoz © YQ
Un pur produit de la technocratie hospitalière

A 59 ans, Thierry Gamond-Rius est titulaire d’une maîtrise en Droit public, diplômé de Sciences Po Grenoble et de l’EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique). Il a assuré des fonctions de ressources humaines et de direction d’hôpital en Guadeloupe, puis en Ardèche pendant 10 ans avant de rejoindre la direction du centre hospitalier de Lorient en 2010. Le nouveau patron du CHU Jean Minjoz est très investi dans la Fédération Hospitalière Française (FHF).

Il succède à Chantal Carroger au parcours similaire qui a fait valoir ses droits à la retraite.

150 lits fermés faute de personnel

Le patron du CHU arrive dans un contexte tendu mais avec une dynamique de progrès dans le recrutement des personnels soignants. L’opération menée par Jonathan Debauve, chargé de la communication, a porté ses fruits.

Thierry Gamond-Rius cite « 20 lits de plus en gériatrie, 150 infirmières et 57 aides-soignants de plus depuis le 1er janvier 2023″.

100 postes restent à pourvoir

L’hôpital de Besançon est confronté à de nombreux départs en retraite (générations des boomers) mais également des départs volontaires vers le privé ou la proximité de la Suisse.

Fluidifier le fonctionnement de l’hôpital

Le challenge est ambitieux pour donner de la cohérence et de l’efficacité à 2 112 personnels médicaux (praticiens hospitaliers, praticiens universitaires, attachés des hôpitaux, internes et étudiants) et 5 000 personnels non-médicaux (personnels soignants, administratifs, médicotechniques et techniques.

On recense au CHU Minjoz 149 métiers différents exercés par une majorité de femmes (75%).

Vers plus de liberté pour les services

Thierry Gamond-Rius souhaite « maintenir la rigueur administrative tout en offrant plus de liberté dans les services ».

1 700 projets de recherche en cours

Le CHU de Besançon dispose d’équipes de recherche médicale à la pointe des technologies dans un écosystème associant l’EFS, les entreprises et l’Université. « Je veux soutenir et faciliter les équipes de recherche en assouplissant certaines lourdeurs administratives ».

88 374 passages aux urgences en 2022

Le directeur du CHU constate « un manque de coordination avec la médecine libérale et les soins aux personnes âgées ». Cette situation nuit gravement à l’efficacité du service des urgences.

Le CHU poursuit ses investissements

La signature de la vente de l’hôpital Saint Jacques devrait se faire cet automne. La situation financière du CHU est plutôt saine. Elle va permettre la construction (d’ici 2026) d’une unité dédiée à la psychiatrie, l’acquisition d’un nouveau robot chirurgical et le « recrutement d’anesthésistes pour retrouver une activité chirurgicale normale ».

Le CHU Minjoz est un grand paquebot qui doit se tourner surtout au service des patients ; ce n’est pas encore le cas, en particulier au Urgences.

Yves Quemeneur