Le regard porté par les Français sur le bac 2022

Alors que 709 000 candidats ont passé le BAC cette année, l’institut YouGov a publié une enquête sur le regard que portent les Français sur ce qui reste encore l’examen de passage dans la vie des adultes.

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Baisse du nombre de bacheliers dans l’académie de Besançon

Le taux de réussite des élèves, toutes séries confondues, s’élève à 86,5%. Il est en baisse par rapport à l’année 2021 (dont les résultats ont été probablement impactés par la crise sanitaire). Le baccalauréat général a été réussi par 91,5% des élèves alors que les sections technologiques et professionnelles voient le niveau de réussite baisser respectivement à 80,5% et 81,4%. Les résultats en Franche-Comté sont comparables à la moyenne nationale.

Ces chiffres cachent de fortes disparités. Beaucoup d’études menées auprès des étudiants post-bac (BTS en particulier) démontrent le faible niveau de culture générale et de connaissance des règles orthographiques et grammaticales. Est-ce secondaire ?

Quelques chiffres clés

L’étude YouGov pour MakeMyCv a été réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 7 au 9 juin 2022 auprès d’un échantillon de 1 006 personnes âgées de 18 ans et plus, dont 748 titulaires du bac ou plus, représentatif de la population française. Elle met en exergue quelques chiffres clés.

Le stress est plus féminin

72% des personnes interrogées, toutes générations confondues, ont ressenti du stress durant les épreuves du bac. Les femmes sont 42% à ressentir ce stress contre 17% des candidats masculins. Très peu se revendiquent « zen » face aux épreuves.

Assidus ou touristes

Avant l’introduction en 2020 du contrôle continu qui entre pour 40% dans la note finale, ils étaient nombreux à se mettre à travailler au dernier moment. Toutefois, ils sont 48% à avoir travaillé assidument toute l’année, un tiers, toutes générations confondues, à s’être retrouvés « dos au mur » pour réviser et 9% à s’être présentés « en touristes » ou en comptant sur leur bonne étoile.

Les nouvelles générations, rois de la triche ?

Téléphones, produits connectés sont-ils des antisèches efficaces ? L’enquête démontre que 17% des 18-24 ans ont triché en passant leur bac alors que le taux est de 1% chez les plus de 45 ans titulaires de l’examen.

Le redoublement, première crainte des élèves

Bien plus que le fait de décevoir sa famille (25%) ou de se sentir bête et incapable (14%), la perspective de redoubler est la première angoisse  des élèves pour un tiers d’entre eux.

Sésame vers l’enseignement supérieur ou examen au rabais

47% des Français estiment que les épreuves du bac actuel sont plus faciles qu’à leur époque.

Les taux de réussite toujours plus élevés dépassent maintenant 90%.  Depuis 1985 et l’annonce de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Education Nationale, de permettre à 80% d’une classe d’âge d’accéder au bac, le niveau moyen a baissé régulièrement. Les Français de plus de 55 ans sont les plus nombreux à la penser alors que 37% des 18-24 ans partagent cet avis. Ils sont même 21% à considérer que les épreuves sont plus difficiles.

Le bac est-il indispensable pour réussir sa vie professionnelle ?

Selon l’étude YouGov, ils sont autant à penser que le bac est indispensable (47%) qu’à estimer le contraire (47%). Les 18-24 ans (qui viennent d’avoir leur bac) pensent à 64% que le sésame est indispensable.

Un avenir indécis et le choix de suivre ses envies

53% des Français n’avaient qu’une vague idée de leur orientation professionnelle. Mais 26% avaient une idée précise de leur future profession, un pourcentage plus fort chez les personnes issues de milieux aisés (32%) que dans les classes populaires (20%).

Pour 79% des Français titulaires du bac, toutes générations confondues, leur orientation professionnelle a été commandée par leurs propres envies. Dans 44% des cas, l’avis des parents est pris en compte suivi par la recommandation des enseignants (31%) et le choix des amis dans 21% des cas.

Depuis quelques décennies, le baccalauréat a perdu de sa superbe. Il n’est plus qu’une clef d’entrée dans l’enseignement supérieur dans la majorité des cas…une façon de reculer l’entrée dans l’âge adulte ou dans un choix professionnel ? La perte des fondamentaux tendent à ôter aux nouvelles générations leur capacité de réflexion, le développement de leur sens critique !

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément ». La citation de Nicolas Boileau devrait inspirer élèves et enseignants dans la maîtrise de la langue, seul chemin vers la liberté.

Yves Quemeneur