L’invitée. Camille Berthollet, une virtuose qui dépoussière la musique classique

À 27 ans, Camille Berthollet compte déjà plus de dix ans de carrière. Révélée au grand public grâce à l’émission Prodiges, la violoniste maîtrise à la perfection les grands classiques mais offre aussi à son public une autre approche, en reprenant différents styles musicaux au violon et au violoncelle. De U2 à Louise Attaque, en passant par Sting et The Cranberries, le nouvel album solo de Camille Berthollet alterne entre émotions fortes et rythmes enivrants. L’artiste, désormais installée en Franche-Comté, sera en concert au Grand Kursaal ce mercredi 18 mars.

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Crédit : Simon Fowler - Warner Classics.

Après votre révélation au grand public, vous avez d’abord entamé une carrière en duo avec votre sœur Julie avant de poursuivre seule depuis quelques projets, comme ce dernier album Legends. Pourquoi ?

D’abord parce que ma sœur a eu besoin de prendre du recul, mais aussi parce qu’il s’agit d’un projet plus intime. J’aime cet univers celtique et reprendre des chansons très marquées comme celles de Sting, de The Cranberries ou encore des musiques de films. À Besançon, ce sera ma deuxième date de tournée et j’en suis ravie, car je vis en Franche-Comté depuis quelque temps maintenant.

Le Grand Kursaal est une salle particulière pour vous ?

Elle est magnifique et chargée d’histoire. J’y ai déjà joué avec l’orchestre universitaire puis aux côtés de Lilian Renaud, qui m’avait invitée à l’un de ses concerts. J’ai trois musiciens avec moi pour ce show que je peaufine encore, et une salle comme le Grand Kursaal s’y prête parfaitement.

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Vous avez 27 ans et vous êtes souvent présentée comme une virtuose qui dépoussière l’image de la musique classique avec son violon et son violoncelle. Est-ce encore une volonté de votre part ou plutôt une étiquette qui vous colle à la peau ?

C’est totalement volontaire ! Ça me tient à cœur depuis toujours de démocratiser la musique classique. J’adore ce côté « crossover », en proposant par exemple Les Quatre Saisons de Antonio Vivaldi avant d’enchaîner avec Louise Attaque. Le show est très énergique, dansant mais aussi poétique. J’assume pleinement ce rôle depuis dix ans et je suis très heureuse de voir qu’il continue d’attirer un public large et très éclectique.

Comment choisissez-vous ces reprises et ces medleys ?

J’ai baigné dans le classique avec mes études, mais j’écoute des styles très différents. C’est à l’oreille que j’arrive à mélanger et enchaîner les morceaux. Pour cet album Legends, j’ai pris mon violon et mon violoncelle, j’ai joué une liste de morceaux que j’aimais et j’ai retenu ceux qui s’associaient le mieux. J’ai aussi quelques clins d’œil à mes précédents albums : c’est déjà le huitième !

On doit s’attendre à des surprises en live ?

Oui (rires) ! Je ne vais pas tout dévoiler mais il y aura aussi un medley de Coldplay. J’adore ce groupe et ça apporte encore plus d’énergie !

On parle de reprises et de medleys, mais qu’en est-il de la création ?

La reprise est déjà, d’une certaine manière, une création, avec tous les arrangements à réaliser. Mais je me laisse aussi une place pour composer de nouveaux morceaux. Je reprends également certaines compositions de ma sœur.

Comment va justement votre sœur aujourd’hui ?

Elle va mieux, c’est gentil ! Elle a pris du temps pour elle, pour se ressourcer. Nous sommes dans la musique depuis l’âge de 4 ans, il fallait appuyer sur « pause ». Nous avons pu rejouer ensemble il y a quelques mois et ça lui fait du bien, j’en suis très heureuse. Sur ce projet Legends, il s’agit de quelque chose de très personnel. Julie revient doucement et, dans un avenir plus lointain, nous pourrions nous retrouver à nouveau autour d’un projet commun.

Et comment arrivez-vous à rendre la musique classique « plus cool » aux yeux du grand public ?

Par plein de choses ! Il faut d’abord de la couleur dans le spectacle : des décors, une scénographie. Ensuite, il y a la façon d’arranger les titres, de les rendre entraînants et de jouer avec le public. Tout cet ensemble permet, je pense, de toucher un public plus large. Et le public franc-comtois répond toujours présent !

Après ce concert au Grand Kursaal prévu le 18 mars, pourra-t-on vous revoir dans la région ?

C’est fort probable ! J’enchaîne Yverdon-les-Bains en Suisse puis Besançon ce mercredi, mais d’autres dates seront bientôt annoncées. Je serai toujours ravie de jouer ici !

Plus d’informations
Camille Berthollet en concert. Mercredi 18 mars à 20 h au Grand Kursaal. Présenté par Le Bruit Qui Pense. Informations : 09 51 67 97 03 – billetterie@lbqp.fr Billetterie en ligne en cliquant ici. Tarif normal : 35 €