Concentrée sur plusieurs dossiers stratégiques pour sa filière (accord commercial entre l’UE et le Mercosur, crise de la dermatose nodulaire contagieuse ou encore développement d’une stratégie pour garantir la souveraineté alimentaire) ces derniers mois, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) n’a pas oublié l’importance des élections municipales à venir, en particulier dans les territoires ruraux comme le Doubs.
Le 25 février, l’antenne départementale a donc publié une lettre ouverte, construite autour de six axes, afin de recréer un lien direct avec les futures équipes élues pour sept ans. Un mandat plus long en raison du décalage d’un an du prochain scrutin municipal (2033), initialement prévu au même moment que l’élection présidentielle (2032). Avec 220 000 hectares de surface agricole, 4 025 chefs d’exploitation et 5 607 équivalents temps plein de main-d’œuvre, « l’agriculture est un pilier de notre territoire », rappelle la FDSEA 25. « Nous souhaitons faire prendre conscience aux habitants qu’au-delà de les nourrir, l’agriculture façonne leur territoire. Avoir des pratiques agricoles près de chez soi fait partie de notre quotidien. C’est aussi un bénéfice au niveau du suivi des pratiques, de l’alimentation et du respect des normes », précise le président de l’antenne départementale, Florent Dornier.
Utiliser la forêt plutôt que les terres agricoles pour l’urbanisation
Un rappel loin d’être anodin pour le syndicat, alors que plusieurs tentatives d’installation ont été retoquées dans le département ces dernières années, comme l’abandon de la porcherie de Larnod en 2025, et que les collectivités ont, ou doivent rapidement, valider officiellement leur plan local d’urbanisme (PLU) avant 2030. Alors que le foncier bâti reste l’une des dernières mannes financières pour une commune, les agriculteurs souhaiteraient « plus de réflexion et de concertation » avec la filière avant de réaliser un aménagement urbain. « Ces dernières années, on a construit des lotissements sur de très bonnes terres agricoles. On aimerait que cela soit mieux proportionné avec la forêt, notamment sur la bande frontalière. Notre département compte un mètre carré de forêt sur deux, et les maladies en série qui obligent à abattre des arbres peuvent libérer de l’espace ».
Même constat sur la voirie, où la multiplication des ralentisseurs à l’entrée des villages ou encore le rétrécissement des voies impactent directement les pratiques paysannes. « L’agriculture ne doit pas toujours être la variable d’ajustement. Il faut se comprendre, se parler. Nous ne sommes pas nombrilistes, mais depuis le début de la campagne, aucun candidat ou presque ne parle d’agriculture dans le Doubs. Pourtant, rien n’est acquis en agriculture ».

































