Municipales 2026. Le tacle de Gabriel Baulieu aux candidats bisontins

Les orientations budgétaires 2026 à Grand Besançon Métropole (GBM) ont été l’occasion pour son 1er vice-président en charge des finances de rappeler « la réalité » du budget en période électorale. Et d’adresser un tacle subtil aux candidats bisontins, qui, selon Gabriel Baulieu, « seraient bien inspirés d’en prendre connaissance ».

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En présentant les orientations budgétaires 2026 sous forme de bilan de mandat, le premier vice-président en charge des finances de GBM est revenu sur le programme pluriannuel d’investissement (PPI), évalué à 570 millions d’euros sur la période 2025–2029. Un programme « saturé au moins jusqu’à la moitié du futur mandat », concède le maire de Serre-les-Sapins, au regard des finances actuellement disponibles.

« Sauf à multiplier par quatre ou cinq le foncier bâti… »

Si l’élu quitte ses responsabilités politiques en mars prochain, plus de 35 ans après ses débuts, il s’agit selon lui d’une continuité logique : les élus changent, mais le territoire poursuit sa transformation. « Il serait irresponsable de tout remettre à zéro à chaque fin de mandat », ajoute Gabriel Baulieu.

Si certains projets peuvent être remis en cause, comme le futur vélodrome couvert, d’autres sont déjà contractualisés, à l’instar de la Grande Bibliothèque. Les marges de manœuvre pour ajouter ou supprimer certaines lignes « sont très minces » dans l’état actuel. Impossible donc de promettre d’autres projets structurants pour l’agglomération en période électorale, comme peuvent le faire certains candidats bisontins en campagne.

« Sauf à multiplier par quatre ou cinq le foncier bâti pour créer de nouvelles sources de revenus et donc d’autres perspectives pour le développement de GBM », rappelle d’abord Gabriel Baulieu, avant d’ajouter, avec une forme de détachement : « Toute équipe aspirant à gérer les affaires d’une commune et de GBM serait bien inspirée de prendre connaissance de manière approfondie de la réalité budgétaire. »

« Le débat électoral y gagnerait beaucoup »

Un tacle appuyé notamment à destination du Rassemblement national et de son candidat Jacques Ricciardetti, sans le citer. « Ça ne sert à rien de dire qu’on va délocaliser le parc des expositions, par exemple », enchaîne l’expérimenté Gabriel Baulieu, répétant son envie de voir les candidats « s’imprégner » des finances de la collectivité « avant d’arriver aux commandes et de tout découvrir ». « Tout est public et accessible facilement. Le contenu du débat électoral y gagnerait beaucoup. »

« Pourquoi inventer de grands projets pour faire rêver alors même qu’on sait qu’on ne pourra pas les tenir ? » se questionne dans la foulée la présidente de GBM, Anne Vignot, candidate à sa réélection. Avec un taux de réalisation budgétaire de 72 % en 2025 contre 56 % en 2020, Anne Vignot défend « un bilan très positif », tandis que Gabriel Baulieu préfère souligner « une trajectoire très volontariste ».

M.S