Montfaucon. « La vie associative aura été ma plus belle réussite ». Après 25 ans de mandat, Pierre Contoz passe la main

Animé par une fibre sociale, construite au fil des associations accompagnées mais aussi aux côtés de figures politiques du territoire comme Robert Schwint ou Paulette Guinchard-Kunstler, Pierre Contoz quitte « serein » la mairie de son village natal, après en avoir été un acteur majeur pendant 25 ans.

55
Élu en 2001, Pierre Contoz passe la main à bientôt 80 ans, après 25 ans de mandat.

Dans la salle du conseil municipal, le nom de Pierre Contoz n’est pas encore inscrit aux côtés de ses prédécesseurs, sur le grand panneau rendant hommage à tous les maires de Montfaucon. « On affiche seulement ceux qui ont siégé, moi je siège encore ! » sourit l’élu, qui ne cache pour autant pas son envie de « voir le bout ». « Être maire, c’est être actif en permanence… Je ne voyais pas ma mission autrement. J’ai savouré chaque instant, toujours animé par cette même envie mais à bientôt 80 ans, on réfléchit autrement ».

Robert Schwint et les Floralies

Une appétence pour la vie politique confortée par les décennies aux côtés de Jean Minjoz, qui le recrute dès 1964 comme ingénieur pour la ville de Besançon. « Je travaillais au service infrastructures à l’époque. Lors d’une réunion entre le maire et tous les services, j’ai dû remplacer mon chef. Intimidé par la situation, je me fais petit mais, en évoquant un dossier important, Jean Minjoz dit : « et vous Contoz, qu’en pensez-vous ? ». Il a toujours eu cet esprit, en considérant tout le monde de la même manière ».

Toyota Portes Ouvertes

C’est surtout le successeur du médecin et résistant français, l’enseignant Robert Schwint, qui reste en mémoire de Pierre Contoz. « L’élu le plus charismatique que j’ai rencontré », assure le maire de Montfaucon, nommé directeur des espaces verts au moment de la création de ce nouveau service, en 1980. « Je suis le premier non-Bisontin nommé à la direction ! Il fallait envoyer un message favorable à l’intercommunalité… » assure l’intéressé, qui noue aussi une relation singulière avec l’élue à la tête de cette commission, Paulette Guinchard-Kunstler. « Un jour, elle m’informe qu’il faut un projet pour aider Robert Schwint dans sa campagne… et je propose les Floralies », raconte Pierre Contoz avec toujours autant de malice, près de 40 ans après le succès de cet événement floral à Besançon. « Raymond Tourrain (candidat RPR-UDF, la droite bisontine de l’époque, ndlr) était tout blanc quand il a découvert le résultat ! ».

Une tendance sociale « toujours très forte »

Pierre Contoz renforce cette relation avec Paulette Guinchard-Kunstler lorsque le duo est en partie chargé de « construire l’intercommunalité » dès 1995. Avec son élection à la mairie de Montfaucon, six ans plus tard, cette relation se concrétise en actes. « C’est elle qui me dit de faire les maisons intergénérationnelles et la Maison Âges et Vie ! Elle avait une telle proximité… elle a été le ciment de cette intercommunalité, en rassurant une grande partie des maires et en les accompagnant », se souvient l’élu, les yeux embués par l’émotion. Des premiers logements sociaux jusqu’à l’accueil de douze jeunes migrants en 2023, le maire maintient « qu’il est possible d’avoir des convictions sociales, même dans une commune comme Montfaucon où les catégories socioprofessionnelles sont plutôt élevées. L’important, c’est de savoir expliquer ses idées et parler avec tout le monde ».

Pierre Contoz, Maire de Montfaucon, est aussi depuis 18 ans le président du Musée Parc de Nancray ©YQ

« Une sérénité incroyable à Montfaucon », malgré un point noir

En parallèle de ces projets d’intérêt général, la fibre sociale de Pierre Contoz se façonne au fil de son investissement dans le monde associatif et sportif. « Dès notre arrivée au conseil municipal, nous mettons en place la gratuité des salles du village pour les associations, c’était une évidence ! », poursuit Pierre Contoz, jamais encarté malgré une tendance politique « toujours très forte à gauche ». « Il respire une sérénité incroyable dans ce village, c’est ce que je retiens de toutes ces années. » Une sérénité symbolisée aussi par « l’état d’esprit » des différentes associations, très investies pour faire bouger la commune de 1 650 habitants. « Ce sont les premiers acteurs à entreprendre et dans mon esprit, c’est sacré », enchaîne Pierre Contoz, citant le festival Ebulli’son, les Poulettes ou encore Les Vergers de Montfaucon. Un seul regret entache les souvenirs de l’élu : la gestion du groupe scolaire. Les dysfonctionnements tenaces depuis plusieurs années, les relations humaines dégradées entre professionnels « peuvent avoir un impact conséquent sur la vie d’un village qui, encore une fois, est apaisé », répète le maire. Un dernier tacle pour l’ancien président du club de football, qui n’a jamais eu sa langue dans la poche, transformant parfois sa détermination et « entêtement », reconnaît-t-il. « Je ne suis pas du genre à dire « oui » pour faire plaisir, mais je sais faire confiance ». 

Avec le départ de Pierre Contoz, c’est une partie de l’histoire du Grand Besançon qui se referme. Après avoir veillé au bon déroulement d’un dernier scrutin à Montfaucon ce dimanche 15 mars, l’élu transmet un héritage à la nouvelle équipe et à sa successeure Anne-Marie Poty. « J’ai une totale confiance en eux », glisse-t-il. Son action publique, elle, n’est toutefois pas terminée. Président du musée des Maisons comtoises de Nancray, Pierre Contoz passera la main de cet ultime mandat dans six mois, après avoir succédé à Paulette Guinchard-Kunstler il y a 18 ans. Comme un ultime symbole en guise d’au revoir.