Partageons nos sports

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Ludovic Fagaut vice-président du conseil départemental du Doubs en charge des sports, Mickaël Jeremiasz médaillé d'or paralympique de tennis et Jean-Claude Thievent, champion du monde de cyclisme sur route en sport adapté photo : Lionel Georges,

Les jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024 sont un atout majeur pour la France et ses territoires. Faire du sport et de ses valeurs des éléments de cohésion territoriale constitue un objectif majeur pour le département du Doubs. C’est le sens de la démarche initiée par Christine Bouquin avec « Partageons nos sports ».

Labellisé « Terre de jeux » par le comité d’organisation des JO 2024, le Doubs souhaite insuffler une dynamique inclusive par le sport pour les personnes en situation de handicap : conforter leur inclusion sociale par l’accès à une pratique sportive la plus large possible, développer l’offre sportive aux handicapés et la mixité entre sportifs valides et sportifs handicapés.

Le sport paralympique pour une meilleure vision du handicap

Un forum s’est tenu le samedi 30 janvier à l’hôtel du département à Besançon, précédé le vendredi 29 par une visite de Mickaël Jeremiasz au collège Grenier de Pontarlier. Joueur de tennis depuis son plus jeune âge, un accident de ski à 18 ans l’immobilise dans un fauteuil. Il décide rapidement de reprendre son sport favori et devient médaillé d’or paralympique aux Jeux de Pékin en 2008. De 2001 à 2016, il a accumulé 39 titres en simple et 89 titres en double. En 2016, il fut le porte-drapeau de la délégation française aux Jeux Paralympiques de Rio.

Son témoignage a permis à deux classes de 4ème du collège Grenier de rencontrer ce sportif de haut niveau et d’apprendre à cohabiter avec les différences. Pour Mickaël Jeremiasz « le sport est un moteur pour être meilleur par rapport à soi et acquérir plus de confiance ».

Le lendemain, le tennisman a participé au forum du département en compagnie de Jean-Claude Thievent, membre de l’équipe de France de cyclisme sur route et ambassadeur bisontin du « sport adapté ».

Donner du bien-être aux gens à travers le sport

Dominique Mulet, Président du Comité départemental olympique du Doubs a salué l’action du département, en particulier au travers du financement de deux camions aménagés « la caravane du sport » qui sillonnent les routes du territoire pour inciter scolaires, ruraux et salariés, très (trop) sédentaires, à pratiquer plus de sport, qu’ils soient valides ou en situation de handicap.

Le département va accompagner l’installation de salles de travail actives en entreprises et de nouveaux équipements sportifs adaptés aux handicaps dans le parc de la Gare d’eau à Besançon.

L’ubérisation du sport

Alain Loret, professeur à l’université de Rouen, était en duplex de Normandie pour évoquer l’évolution du sport au travers des applications numériques. Pour ce scientifique, le monde du sport (fédérations, clubs, sportifs ou simples pratiquants) va être révolutionné par le digital. La 5G va se mettre au service du sport pour tous. Déjà, les grandes multinationales du sport (Nike ou Decathlon par exemple) ubérisent leur modèle économique. Il salue l’initiative du département du Doubs de devenir « un smart département ». Le but est de dématérialiser le sport par des centaines d’applications interconnectées entre elles.

Le handicap n’est pas un handicap à la pratique sportive

Damien Seguin vient encore de le prouver en terminant à la 7ème place du mythique Vendée Globe. Comment boucler un tour du monde seul à bord d’un voilier sans assistance avec une seule main valide, voilà l’exploit que Damien Seguin vient de réussir. Né sans main gauche, le double champion paralympique et multiple champion du monde de voile s’est permis de remonter le chenal des Sables d’Olonne déguisé en Capitaine Crochet. A l’image également de Mickaël Jeremiasz qui se joue des lobs et autres passing-shots dans son fauteuil.

Avec « Partageons nos sports » le conseil départemental du Doubs, qui a en charge les solidarités et  l’autonomie, veut engager une démarche durable avant…pendant…et après les Jeux de 2024. Territoire « Terre de Jeux », le Doubs entend aussi donner plus de visibilité à un département paradis des sports.

Yves Quemeneur