Pontarlier. À la place 514, l’infatigable voix de Monique Maillard en soutien au CAP football

Fidèle supportrice du CAP football, Monique Maillard n’a pas raté un seul match à domicile depuis 2008. La place 514 lui est d’ailleurs attitrée. À 86 ans, elle continue de donner de la voix dans les tribunes, mais également de donner de son temps en tant que bénévole.

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Monique Maillard tient fièrement la rose offerte par le CAP foot pour son 85e anniversaire ©Cassandra Tempesta

86 ans mais pleine de vie. À chaque match du CAP football, le siège 514 est occupé par Monique Maillard, et ça, depuis 2008. « C’est la première place que j’ai eue et on me l’a toujours gardée. Je suis au-dessus des tribunes, j’y suis bien. Je viens une heure à l’avance pour voir le dernier entraînement », sourit la supportrice.

Son amour pour le foot a démarré à l’époque où elle vivait avec son ex-mari à Trévillers. En arrivant sur Pontarlier, elle a dû marquer une petite pause. « Ça me manquait. J’aime le foot, l’ambiance, les joueurs ». À tel point que si une place se libère dans une voiture ou dans un bus pour les déplacements des joueurs, elle fonce. « Je suis allée de l’autre côté de Paris pour les soutenir », se réjouit l’octogénaire.

Une fidélité sans faille, qui se traduit jusque sur les maillots. Elle en a conçu un avec sa tirade préférée “Allez les Bleus ! On y croit, on y va”. « J’avais fait ce t-shirt parce que je donnais le coup d’envoi du match contre Saint-Apollinaire ». Elle leur a même composé un chant, qu’elle nous scande volontiers, maillot enfilé. « CA CAP, CAP qui passe, CA CAP, CAP passé. Les avants sont rapides. Les arrières sont solides. Les milieux motivés. Les buts sont bien gardés. Voilà le CAP. CA CAP, CAP qui gagne. CA CAP, CAP gagné. Ouais ! ».

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Une rose offerte, et bien conservée

Forcément, des liens se créent. « Ils m’appellent Momo. On s’embrasse, on discute. Quand je demande aux joueurs pourquoi ils viennent m’embrasser, ils me répondent que je suis comme leur mamie. Ça me fait chaud au cœur. Dans le club, ils sont tous très gentils, avec un très bon président et un super coach ».

Depuis quelques années, elle est responsable du pain. Une grande famille, qui s’ajoute à celle officielle avec sept enfants, dix-sept petits-enfants et quatorze arrière-petits-enfants. « Elle fait partie de ces supporters qui nous donnent un coup de main au niveau du club. Elle fait tous les matchs à domicile. C’est son histoire de cœur. Elle connaît bien la maison, elle en a vu passer des présidents. Elle est reconnue et appréciée par sa présence. On a des joueurs avec des valeurs de respect et accessibles, c’est notre fonctionnement », sourit Bertrand Gabry, président du CAP football.

Si Monique Maillard a accumulé de nombreux souvenirs, il y a en a un particulier qui ne risque pas de s’effacer. « Mon 85e anniversaire tombait un jour de match. Le speaker a annoncé au micro “écoutez tous, c’est l’anniversaire de la Momo” et m’a offert une rose. Des bisous, j’en ai eus. J’ai gardé cette rose, et j’aimerais qu’elle soit mise dans mon cercueil, pour partir avec un souvenir du foot ».

Si son amour se porte pour Pontarlier, l’octogénaire est capable de fraterniser avec l’adversaire, comme avec les Montpelliérains en janvier 2018. « J’ai su qu’ils faisaient du bruit au café Le Pontissalien. J’y suis allée. Ils étaient une vingtaine, autour d’une grande table à chanter à tue-tête. Je leur ai dit “On ne chante pas ça ici, on chante Ici, ici, c’est Pontarlier ! ». Depuis, ils me téléphonent régulièrement les dimanches et ne manquent jamais mon anniversaire.

La fidèle supportrice compte bien continuer à les soutenir, jusqu’au bout. « Mon arrière-petite-fille est née dans les bras des pompiers à Orchamps-Vennes. J’aimerais bien mourir sur le terrain de foot dans les bras des joueurs ».