Quatre pays au chevet du Maroc

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La solidarité s'est immédiatement mise en place avec des tentes montées pour accueillir la population. PHOTO DR

Des équipes de Grande-Bretagne, du Qatar, des Émirats Arabes Unis sont également là. Concernant le renfort français, les analyses géopolitiques divergent. Si officiellement le gouvernement marocain souhaite faire « une évaluation minutieuse des besoins sur le terrain et en tenant compte du fait qu’une absence de coordination pourrait être contre-productive », (NDLR : déclaration du gouvernement lundi 11 septembre), la situation politique entre les deux pays s’est dégradée depuis plusieurs années et pourrait expliquer ce choix de collaborer d’abord avec d’autres nations officiellement.

Il y a d’abord ces révélations en 2021, quand 17 rédactions du monde entier révèlent le scandale Pegasus, un logiciel permettant d’espionner n’importe quelle personne ou presque dans le monde, sur commande. Le Maroc aurait utilisé ce programme sur plusieurs personnalités françaises. Quelques mois plus tard, la France annonce une réduction de visas de moitié pour les ressortissants marocains, provoquant la colère dans le royaume. Une restriction finalement levée en décembre 2022 par Catherine Colonna, ministre des Affaires étrangères. Enfin la question du Sahara occidental, territoire revendiqué par le Maroc depuis 48 ans pour lequel l’Algérie soutient les indépendantistes du Front Polisario avec une aide politique et militaire. Le gouvernement français ne s’est pas clairement positionné sur ce conflit au Maghreb et s’est même rapproché de l’Algérie depuis plusieurs mois. Il n’y a plus d’ambassadeur français au Maroc depuis janvier 2023. À l’inverse, Israël qui a reconnu officiellement le Sahara occidental comme territoire marocain depuis quelques mois, a pu envoyer plusieurs hommes aider le royaume après le séisme. Toutefois les ONG de l’Hexagone ont pu agir, comme le Secours Populaire. La France a octroyé une aide supplémentaire de 5 millions d’euros pour permettre aux associations tricolores d’agir au Maroc, selon Catherine Colonna.