Séance plénière du conseil départemental du Doubs

Le conseil départemental avait à voter 19 rapports le lundi 26 juin. Une réunion perturbée par les sons de cloches des manifestants des services médico-sociaux, pour certains exclus de la revalorisation prévue par le « Ségur de la santé ».

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Assemblée départementale du Doubs du 26 juin 2023 ©YQ
Le département a fait sa part de chemin aux côtés de secrétaires médico-sociales

Dans ses propos introductifs, Christine Bouquin a rendu hommage à ces femmes et ces hommes « qui manifestent légitimement car elles n’ont pas eu la prime Ségur versée par l’Etat…A ce sujet, j’ai reçu les syndicats ce matin ». Le département a partiellement compensé (100€ net par mois /180€) malgré le refus du gouvernement d’élargir la liste des métiers éligibles à la prime Ségur. La Présidente affirme « avoir une attention particulière pour celles qui n’ont pas eu accès à la prime Ségur ».

1 heure et demie de propos liminaires

Contrairement à d’autres assemblées de collectivités locales, Christine Bouquin a souhaité maintenir ce temps d’échanges entre les conseillers départementaux. Interrogé sur la différence de traitement avec la mairie de Besançon, Raphaël Krucien chef de file de la minorité départementale l’a justifié « à la mairie de Besançon, l’opposition est trop excessive…ce qui a conduit la municipalité à supprimer les propos liminaires ». Pour Raphaël Krucien, il y a bonne et mauvaise opposition !

Jeanne Henry, conseillère départementale (PCF) est intervenue sur les morts de migrants en Méditerranée, demandant à ce que le département « aide mieux les mineurs non accompagnés présents dans le Doubs ».

Christine Bouquin a conclu ses propos liminaires en parlant de la flamme olympique. Le département accueillera la flamme le 25 juin 2024 sur 7 sites « mettant en avant les valeurs et les savoir-faire de notre département : Chaux-Neuve, Pontarlier, Etalans, Maîche, Montbéliard, Baume-les-Dames et Besançon avec l’allumage du chaudron sur le site départemental de la Gare d’eau ».

Les routes départementales à 90 km/h

Au-delà des rapports budgétaires ou le plan départemental de l’Habitat où…à part quelques banderilles de l’opposition, le consensus est la règle…,  le sujet majeur du conseil portait sur le retour d’une partie du réseau routier départemental à 90 km/h.

En septembre 2022, le conseil départemental avait opté pour le retour à 90 km/h. Prudente, la Présidente souhaitait donner le temps à l’analyse précise des tronçons par les services du département et engager une concertation avec les maires. « Pas question de signer un arrêté global sur toutes les routes départementales du Doubs » a rappelé Christine Bouquin.

La décision « courageuse » selon Martine Voidey répond aussi à l’enclavement du département, entouré par la Haute-Saône et le Jura qui ont déjà rétabli 90 km/h sur leurs réseaux.

1044 kilomètres de routes départementales sur 36 itinéraires

Comme à son habitude, Christine Bouquin a « fait dans la dentelle ». Chaque axe a fait l’objet d’une attention particulière en matière de caractéristiques topographiques, des usages, de l’accidentologie et de l’impact sur l’environnement.

Damien Charlet, conseiller d’opposition du canton d’Audincourt a bien entendu soulevé trois raisons qui amènent l’opposition à voter contre la mesure : une consommation supplémentaire de carburants fossiles, l’augmentation prévisible des accidents et une atteinte forte à l’environnement. Plus qu’une fracture politique, la fracture est territoriale entre les élus « urbains » et ceux de la ruralité.

Le vote positif (38 voix pour, 9 contre et 2 abstentions) sera suivi début juillet d’une validation par la commission départementale de sécurité routière. Les 36 arrêtés seront signés dans la foulée et la mesure sera mise en vigueur au mois d’août. Remplacer les panneaux de limitation de vitesse va quand même coûter la bagatelle de 200 000€.

Les séances de travail du conseil départemental du Doubs sont à la fois animées et sérieuses. Celle-ci n’a pas failli à la règle de 9h30 à…23h !

Yves Quemeneur