Territoires d’Industrie, un terreau fertile au développement industriel

183 territoires pour assurer la reconquête industrielle de la France. Début novembre, devant 500 élus intercommunaux, industriels et cadres de l’Industrie réunis à Châlon sur Saône, le Ministre de l’Industrie Roland Lescure a validé l’extension du "Territoire d’Industrie Haut-Doubs Horloger" pour la période 2023-2027

404
Territoire d’Industrie Alliances Luxe & Précision Doubs

La précédente labellisation 2019-2023 couvrait 5 communautés de communes du Doubs (Val de Morteau, Plateau du Russey, Pays de Maîche, Portes du Haut-Doubs et Loue Lison).

Dans la nouvelle génération de « Territoires d’Industrie », il intègre Grand Besançon Métropole et devient « Territoire d’Industrie Alliances Luxe & Précision du Doubs ».

Le périmètre élargi porte ainsi une vision industrielle ambitieuse dont la gouvernance sera assurée par un binôme élu/industriel référent : Cédric Bôle, Président de la Communauté de Communes du Val de Morteau et Nathalie Augé, dirigeante d’Augé Microtechnic Group.

La longue tradition industrielle de ce territoire sur l’axe franco-suisse, permet de développer des plans d’actions centrés sur les quatre piliers du programme national de réindustrialisation : l’accès au foncier, la promotion des métiers de l’industrie, la transition écologique et le soutien à l’innovation.

Porter haut et fort les couleurs de notre industrie locale

L’ambition est forte, mais comment concilier un meilleur accès au foncier avec la loi ZAN ? Comment promouvoir les métiers de l’industrie avec un système d’enseignement qui privilégie les métiers du tertiaire ? Quant à l’innovation, elle exige des entreprises « profitables », capables d’investir dans la recherche !

Renforcer les liens avec la Suisse
mouvement de montre ©DR

En se rendant en Suisse le 15 et 16 novembre, Emmanuel Macron agissait surtout en VRP de la cause européenne. Pas sûr qu’il ait été entendu par nos voisins helvètes, soucieux de leur indépendance et leur autonomie. Les Suisses sont confrontés à un manque important de main d’œuvre : 200 000 frontaliers passent la frontière chaque jour dont 31 000 résident dans le Doubs. Pour autant, ils ne sont pas prêts à importer une économie européenne vacillante. Emmanuel Macron souhaiterait institutionnaliser la coopération transfrontalière. Pourquoi pas, à condition de fluidifier les mobilités de chaque côté de la frontière, ferroviaires et routières ! Les Suisses ont aménagé leur territoire en tenant compte à la fois des impératifs économiques et écologiques…nous en sommes loin !

Les territoires, clé de la politique industrielle de la France

Le Ministre en charge de l’Industrie Roland Lescure, veut miser sur les territoires en renforçant les liens entre élus locaux et industriels. La gouvernance tripartite des « Territoires d’Industrie » (Collectivités, Régions, Etat) s’avère positive selon le gouvernement « au service du développement industriel de nos territoires », assure le ministre de l’Industrie.

100 millions d’euros mobilisés vers l’industrie verte

L’enveloppe du Fonds vert en 2024 devrait permettre de reconstituer des filières historiquement ancrées dans les territoires. 250 projets sont ciblés dans ce cadre.

Depuis 2017, l’industrie française relève la tête

Sans vouloir nier les emplois créés et le retour des usines depuis 5 ans, le propos du gouvernement ressemble à la méthode Coué. Pour poursuivre cette dynamique positive, il conviendra d’adapter à la réalité territoriale la loi ZAN. Pour exemple, les 3 hectares de « terres agricoles ? » de la zone des Champs-chevaux à Saint Vit qu’une partie de l’exécutif de Grand Besançon voudrait préserver de la rapacité et la gourmandise des industriels !

Spécifiquement, sur le territoire de Grand Besançon Métropole, désormais partenaire de « Territoire d’Industrie Alliances Luxe & Précisions du Doubs », on ne pourra pas développer l’activité industrielle sans foncier. On n’accueille pas des entreprises hors sol !

Yves Quemeneur