Arc-et-Senans. La Saline royale veut devenir le temple de la culture

En construisant sa saison 2026 autour d’une exposition majeure et de plusieurs rendez-vous musicaux intergénérationnels, la Saline royale d’Arc-et-Senans poursuit sa mue entamée depuis quelques années afin de devenir un véritable temple de la culture sur le territoire.

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La Saline royale d'Arc-et-Senans
La Saline royale d'Arc-et-Senans, un des sites culturels incontournables en Franche-Comté ! ©Anthony Soares.

L’année 2026 pourrait bien être celle d’un nouveau départ pour la Saline royale d’Arc-et-Senans. Elle sera d’abord celle d’un chapitre qui se referme : celui de Lux Salina, cet immense projet artistique débuté en 2016 et qui, pendant huit années, a multiplié les spectacles saisonniers mêlant sons, images et lumières pour retracer l’histoire du monument historique. Un projet immense aussi par sa dimension humaine et participative, permettant à des associations et artistes locaux de briller au cœur d’un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Au mois de décembre 2025, la Saline présentait au public une rétrospective de ce projet grâce à son exposition Lux Salina – La caravane des gens, afin de retracer ces huit années de spectacle et d’aventure humaine « qui ont permis de renouer avec son territoire grâce à une immersion dans un monde d’images, de sons, de musiques et d’émotions ». Créée par Dominique Landucci, artiste plasticien et scénographe, cette exposition est visible jusqu’au 15 mars 2026.

Mystification, quand l’illusion mêle cinéma et architecture

La fin de Lux Salina ne signifie pour autant pas celle de l’ambition pour la Saline royale, bien au contraire. Avec Mystification – Architecture et cinéma, la quête de l’illusion, le site tente un nouveau coup. « Contrairement aux hommages rendus à Hugo Pratt avec Corto Maltese ou au monde d’Hergé, où les expositions étaient construites par d’autres, cette fois nous avons conçu le projet nous-mêmes, sous l’œil du commissaire d’exposition Marc Benaïche, qui s’attaque à un sujet essentiel », confie Hubert Tassy, directeur de la Saline royale.

La création de cette exposition est aussi empreinte de nostalgie. « En 1987, il y a eu une grande exposition Cités Cinés à La Villette. Elle était magnifique, tous les décors des plus grands films des années 1980 avaient été reconstitués. Avec Marc, nous avons essayé de retrouver cet esprit en y ajoutant la poésie et la technologie d’aujourd’hui ».

Reconnu dans le monde entier pour ses environnements sonores et lumineux, Marc Benaïche était déjà passé par la Saline royale pour son exposition Woodstock Spirit, 1969-2019. Avec Mystification, le concepteur voit encore plus grand. « L’illusion a rapidement été le thème capable d’unir deux champs très vastes que sont le cinéma et l’architecture ». En développant cette exposition autour d’un parcours immersif réparti en cinq grands axes, Marc Benaïche revient sur l’utilisation de l’architecture par le cinéma pour piéger le spectateur, créer des lieux cachés et des trompe-l’œil. « On retrouve des anamorphoses, on revient aux origines de l’illusion à l’aide d’exemples comme le film Matrix ou certaines scènes de Hunger Games. Le cinéma pop ne peut s’expliquer que par l’illusion de l’architecture ». Des frontières entre l’imaginaire et le réel brouillées, symbole de notre époque « où l’on ne sait plus ce qui est vrai ou non », selon l’artiste. Pour le directeur Hubert Tassy, il s’agit d’une véritable passerelle éducative et ludique pour tous. Inaugurée le 1er mai 2026, l’exposition sera visible jusqu’au 14 février 2027.

Gims et Sting pour un show royal

Dix ans après l’incroyable concert de David Gilmour, chanteur et guitariste du groupe Pink Floyd, la Saline royale renoue avec son projet de shows au cœur du demi-cercle historique. Les 25 et 26 juillet 2026, Gims et Sting se produiront à Arc-et-Senans devant 20 000 spectateurs par soirée.

L’annonce de ce nouvel événement, renommé Saline Royale Live pour l’occasion, a dans un premier temps été accueillie en demi-teinte. En cause : le choix des dates, alors que dans le Doubs, au même moment, le Festival de la Paille tire sa révérence, faute de modèle économique pérenne. « Nous avons de très bonnes relations avec la Paille », se défend Hubert Tassy. « Nous n’avons pas eu le choix. Quand l’opportunité d’accueillir Sting s’est présentée, il n’y avait que cette date de disponible et on ne pouvait pas passer à côté. Ensuite, on a ajouté la journée avec Gims, qui vient amorcer tout ce projet. Une seule journée de concert n’était pas viable financièrement ».

Signe que l’attente était forte, plus de 18 000 billets se sont déjà écoulés pour chaque soirée. En collaboration avec l’entreprise événementielle Please Please, ces deux journées de concert sont construites autour des deux stars, accompagnées par d’autres artistes avant et après leur show. Le samedi 25 juillet, Ronisia et Linh ouvriront la soirée, tandis que le DJ Ofenbach clôturera cette première journée. Le dimanche, le très attendu concert de Sting sera suivi d’Asaf Avidan. La première partie sera prochainement dévoilée.

« Cette attente, nous l’avons aussi observée lors du concert de Tiken Jah Fakoly en novembre 2025, où 1 200 personnes se sont déplacées en pleine semaine, mais également lors du ciné-concert Le Roi et l’Oiseau avec le Chapelier Fou en janvier, où l’on a fait complet. 80 % des personnes qui se déplacent pour assister à des concerts de musiques actuelles viennent d’une zone géographique située dans un rayon de 20 kilomètres autour de la Saline royale », poursuit Hubert Tassy.

Avec 40 000 personnes attendues sur ce week-end, la Saline réunirait en deux jours plus d’un quart du nombre total de visiteurs enregistrés sur l’année 2025 (144 000). La totalité du programme de la saison 2026 de la Saline royale d’Arc-et-Senans est à retrouver sur son site internet : salineroyale.com.

Tempus Floris, une touche florale au cœur de l’été

Avec plus de 6 000 visiteurs enregistrés l’an passé lors de sa foire aux plantes, la Saline royale prévoit cette année une nouvelle attraction florale au cœur de son Festival des jardins (du 7 juin au 18 octobre) : Tempus Floris. « C’est une exposition florale géante que l’on pouvait observer jusqu’à présent au château de Syam (Jura). Les organisateurs souhaitaient disposer de plus d’espace et nous ont contactés. L’an passé, cette manifestation de fleurs coupées a réuni plus de 8 000 personnes. On s’attend à un grand rendez-vous, et cela entre totalement dans notre objectif de nous ouvrir à un autre public. On veut que les habitants s’approprient ce lieu historique », précise Hubert Tassy.