
Le site de l’Arsenal, cet ancien complexe militaire du XIXᵉ siècle installé au centre-ville de Besançon, est en pleine métamorphose. Un vaste ensemble patrimonial au cœur d’un ambitieux et nécessaire programme de réhabilitation depuis 2022, sur la partie dédiée aux futurs locaux de l’UFR Sciences du langage.
Piloté par l’Université Marie et Louis Pasteur et la Ville de Besançon, ce premier chantier concerne la rénovation du bâtiment « N », caché derrière la Maison des sciences humaines et environnementales (MHSE). Long d’une centaine de mètres et large d’une vingtaine, l’édifice de quatre étages était jusque-là en partie inutilisé : deux niveaux étaient fermés depuis 2008 pour des raisons de sécurité, et l’ensemble faisait l’objet d’un avis défavorable.

L’investissement est lourd, mais structurant. Le coût total de l’opération s’élève à 36 millions d’euros TTC, financés à près de 80 % par l’État, dans le cadre des contrats de plan État-Région (CPER 2015-2020 puis 2021-2027) et du plan de relance, qui a apporté 14,5 millions d’euros. « Cet apport a été essentiel financièrement, mais il nous a aussi contraints à lancer rapidement les appels d’offres dès 2021 afin de respecter les délais », souligne Hugues Trudet, directeur régional de l’immobilier de la région académique.
1 425 étudiants accueillis
Les travaux, démarrés en avril 2022, doivent s’achever en juin 2026, pour une utilisation dès la rentrée universitaire 2026. À terme, le bâtiment accueillera jusqu’à 1 425 étudiants de l’UFR Sciences du langage, de l’Homme et de la société, avec des formations en psychologie, sociologie et musicologie. Trois amphithéâtres – dont un grand amphi de 160 places –, des salles de cours, des bureaux, des studios d’enregistrement, une salle de spectacle et un vaste atrium pensé comme un lieu de vie compléteront l’offre. La complexité de cette rénovation a notamment consisté à conserver les fondations existantes et l’enveloppe extérieure tout en consolidant les étages supérieurs sans apporter de surcharge. Les ingénieurs ont donc créé une structure presque indépendante pour rénover le troisième et le quatrième étage, où le plancher bois de l’époque a laissé place à des dalles béton, beaucoup plus lourdes. Une solution qui a également offert une grande modularité des espaces.

400 tonnes de matériaux réutilisées
Au-delà du programme universitaire, le chantier se distingue par une démarche poussée d’économie circulaire, qui en fait aujourd’hui une référence régionale. Plus de 400 tonnes de matériaux ont déjà été réemployées : tuiles concassées intégrées aux sols, radiateurs conservés, éléments de charpente réutilisés, planchers bois recyclés, etc. Deux anciennes chaufferies gaz et fioul, qui alimentaient l’ensemble du site, ont été remplacées par le réseau de chaleur urbain de Besançon. Les chaufferies mobiles, adaptées, ont quant à elles été réinstallées au lycée Belin de Vesoul, avant une future réutilisation du côté de Belfort, dans une logique de circuit court.
Labellisé « chantier pilote », le site sert également de support pédagogique. Des visites sont régulièrement organisées pour les scolaires, les étudiants et les demandeurs d’emploi, afin de valoriser les métiers du BTP, fortement en tension. Une action récente a notamment mis en lumière la place des femmes dans le secteur, encore largement masculin, en proposant des immersions et des échanges avec des professionnelles. Le chantier de l’Arsenal ne se limite pas à ce seul bâtiment : le bâtiment « O » sera prochainement démoli, avant une reconstruction confiée au groupe Vinci, avec un potentiel programme de 250 logements, non sociaux, à la clé.





























