Remarquez-vous une évolution des types d’addictions ces dernières années dans le Jura ?

« L’alcool reste le premier motif de recours à nos services. Il y a pas mal de consommation de cocaïne. Le cannabis reste assez fort. On nous sollicite de plus en plus sur tout ce qui est addictions sans substance, en particulier la nourriture, les écrans, les jeux en ligne. Ce qui a beaucoup changé sur les dix dernières années, c’est surtout qu’on est passé sur des profils mono-usages à des profils qui sont beaucoup plus complexes, où il y a souvent des comorbidités associées. 

Le tabac reste le premier tueur en France, avec 75 000 morts par an. L’alcool [en représente] 45 000 à 49 000 ! »

Constatez-vous une augmentation du nombre de personnes souffrant d’addictions ?

« Je ne sais pas s’il y a plus de gens qui souffrent d’addictions, mais en tout cas, on voit qu’il y a de plus en plus de gens qui sollicitent nos services. En 2024, on avait suivi 869 personnes sur mon centre. En 2025, on était à 1070 ! On rayonne beaucoup sur la partie centrale du département. »

Qu’avez-vous présenté le 19 février lors de cette rencontre informelle organisée par l’association Mêta Jura à Lons-le-Saunier ?

« L’idée était de présenter l’association la Demi-Lune. Nous venons de changer de nom. Nous sommes une association qui existe depuis 1972 et qui avait été fondée par le docteur Pierre Benichou à destination des alcoolodépendants au départ. Très vite l’idée, c’était non seulement d’aider les gens à s’éloigner de la substance, mais aussi de trouver un travail, donc s’insérer socialement. S’y sont ajoutés différents outils par la suite. Il y a le CSAPA, que je dirige, qui est un centre ambulatoire. Les gens qui ont des problèmes de troubles de l’usage, que ce soit de l’ordre du comportement ou des substances, peuvent venir prendre rendez-vous. Les soins sont gratuits et confidentiels. »