
Les études épisodiques de la Banque de France sont réalisées à partir d’un questionnaire adressé à 1 339 entreprises de Bourgogne Franche-Comté. Pour Laurent Quinet, « la conjoncture économique a été négative en 2025 mais les projections 2026 montrent de signes encourageants au niveau régional ».
Le directeur de la Banque de France a souligné la réalité d’un bilan 2025 au travers des 602 réponses du secteur industriel (près de 52% des effectifs du secteur), 443 réponses dans le secteur marchand (16,6% des effectifs) et des 294 réponses de la construction (27,3% des effectifs de la branche).
Les faits marquants en 2025
L’année 2025 a été marquée par un commerce mondial dépendant de « la forte volatilité américaine » et de l’instabilité politique et fiscale en France. La hausse des droits de douane aux États-Unis et l’appréciation du dollar/euro ont engendré une hausse des prix des produits exportés aux USA. Dans la région, la crainte a particulièrement concerné le secteur de la viticulture très sensible à la hausse des vins outre-Atlantique.
L’incertitude fiscale et budgétaire pèse sur la reprise des investissements privés
L’investissement des entreprises a globalement baissé en 2025, notamment dans les services marchands (-37%). Il poursuit son recul dans la construction (-17%) et dans l’industrie (-14%).
Croissance atone et stabilité de la rentabilité des entreprises dans la région
Laurent Quinet a souligné la fragilité de l’activité dans l’industrie, tirée vers le bas par le secteur automobile en grande difficulté. En Franche-Comté toutefois, de nombreuses PME travaillent pour l’industrie aéronautique en bonne dynamique.
Des carnets de commandes dégradés
La situation des carnets de commande dans l’industrie et le bâtiment restent dégradée. Laurent Quinet a noté un impact positif dans le second œuvre du bâtiment (rénovations et travaux d’économies d’énergie) tout en notant le secteur de la construction encore en panne. Les économistes escomptent une reprise du neuf à partir du second semestre 2026 grâce au projet de loi Jeambrun sur la défiscalisation des logements à usage locatif. (Encore faut-il que ce projet de loi ne soit pas dénaturé par le Parlement NdlR).
La croissance des crédits bancaires aux entreprises moins dynamique en région
À la fin de l’année 2025, elle s’établissait à 0,9% contre 1,9% pour le territoire métropolitain. L’évolution des crédits bancaires est très contrastée selon les secteurs d’activité et les départements. Dans le Doubs, à l’exception des activités immobilières en progression de plus de 4%, les crédits bancaires aux entreprises sont en baisse, notamment dans le commerce de réparations automobile et dans l’information et la communication.
Des défaillances d’entreprises relativement stables en Bourgogne Franche-Comté
Avec 117,2 contre 124,6 au plan national (indice 100 janvier 2019), les défaillances d’entreprises restent stables dans la région mais sont contrastées selon les départements. La Côte d’Or, l’Yonne et le Territoire de Belfort enregistrent un taux plus important de défaillances que le Doubs. Il est à noter (même si la Banque de France ne le souligne pas précisément) que l’augmentation importante de micro-entreprises a conduit à une plus grande précarité de ces entreprises, ne disposant pas de capitaux propres suffisants et de trésorerie pour faire face à une crise conjoncturelle.
Les perspectives 2026 en Bourgogne Franche-Comté
Après une année 2025 très maussade, les chefs d’entreprises de Bourgogne Franche-Comté, interrogés par la Banque de France, se disent modérément optimistes pour 2026.
Les prévisions de chiffre d’affaires par secteur restent toutefois positives. Côté industrie on s’attend à +0,8% dans l’agroalimentaire, +7,9% dans les matériels électriques et électroniques, +2,2% dans les matériels de transport et 3% dans les autres industries. Les services marchands anticipent une hausse de 1,5% du chiffre d’affaires et un solde positif des effectifs (+1%). La construction demeurerait en légère croissance, tirée par le gros œuvre sur la seconde partie de l’année 2026 (à condition que les promesses budgétaires soient au rendez-vous). Les travaux publics pourraient connaître un ralentissement à la suite des élections municipales.






























