Grand Besançon : épuisée, une femme avoue le meurtre de son mari atteint d’Alzheimer

Une femme âgée de 77 ans a été interpellée le 20 février à Grandfontaine alors qu’elle tentait de se défenestrer. Face aux gendarmes, elle a avoué le meurtre de son mari de 88 ans, atteint de la maladie d’Alzheimer. Au cours d’une conférence de presse, quatre jours plus tard, la vice-procureure est revenue sur ce dossier.

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Les gendarmes sont intervenus le 20 février à Grandfontaine.

L’annonce de ce drame bouleverse la commune de Grandfontaine depuis vendredi 20 février. Quatre jours après la découverte d’un homme âgé de 88 ans gisant dans son lit, le visage ensanglanté, et l’interpellation de sa femme de 77 ans, la vice-procureure du tribunal de Besançon, Christine de Curraize, a livré plusieurs éléments pour comprendre comment ce couple sans histoire, apprécié dans le quartier et inconnu de la justice, s’est retrouvé dans cette situation.

Des impacts de marteau sur le crâne de la victime

Ce sont d’abord des voisins qui ont alerté la gendarmerie au petit matin, après avoir aperçu la femme tentant de se défenestrer. Arrivés sur les lieux à 8 h 30, les gendarmes découvrent le corps sans vie du mari dans une mare de sang, le visage tuméfié par de nombreux impacts. Les secours arrivent sur place et constatent son décès. Mise en cause et placée en garde à vue, sa femme reconnaît immédiatement avoir tué son conjoint dans la nuit précédant sa tentative de suicide. « Elle a expliqué qu’elle s’était réveillée et, sur un coup de tête lié à son état de fatigue, s’était emparée d’un marteau pour porter de multiples coups sur le crâne de son mari. Elle a ensuite essayé de se donner la mort en s’alcoolisant pour se donner du courage, avant de s’entailler les bras sans aller jusqu’au bout du processus, puis a décidé de se défenestrer sans parvenir à sauter », retrace Christine de Curraize.

Un drame et une enquête qui révèlent un contexte particulièrement difficile pour cette épouse, dont les trois enfants, les proches, les voisins et les professionnels de santé semblaient ignorer la gravité de son épuisement. La mise en cause a d’abord expliqué aux enquêteurs que son mari souffrait de la maladie d’Alzheimer et que son état s’était considérablement dégradé ces derniers temps, notamment en raison de problèmes de vessie. « Épuisée par la situation, n’ayant aucun répit, elle n’avait toutefois pas sollicité l’aide de ses proches. En raison de cette fatigue importante, la mise en cause avait fait deux malaises dans les semaines précédant les faits », ajoute la vice-procureure.

L’épouse placée en établissement psychiatrique

Une situation qui avait conduit le médecin du couple à préconiser le placement du mari en Ehpad pour soulager l’épouse. Un placement qui devait aboutir la semaine suivant le drame et qui semblait être accepté par le couple.

Mise en examen le 22 février, cette retraitée a été placée en détention provisoire avant d’être transférée en milieu psychiatrique dans la foulée. « Ce que décrit la mise en cause met clairement en évidence son état dépressif. Certains proches évoquent son appréhension quant au placement de son mari en EHPAD et la peur de se retrouver seule, tout en ayant conscience que ce n’était plus possible de le garder à domicile », poursuit Christine de Curraize.